« Plus vous dépensez, plus vous économisez ! »

« Plus vous dépensez, plus vous économisez ! »

Et oui, ça m’arrive de devoir aller dans un centre d’achats. Il y a quelques semaines, peu avant le vendredi fou, c’est avec cette phrase que je me suis fait accueillir chez Linen Chest « plusse tu dépenses, pis plusse t’économise... ». Ha ! Misère…

On ne sait plus c’est quoi « économiser » On avait besoin d’un protège-matelas. Digne d’un frugaliste, il était vraiment temps qu’on le change. Irrécupérable. Kapout. La Boutique des Petits Frères n’en voulait même pas. Bref, on s’est résolu à aller chez Linen Chest pour en acheter un tout neuf.

La petite madame dans le rayon des protège-matelas a pris le temps de nous expliquer toutes les différences entre un protège-matelas en soie, en bambou, en coton, etc. Mais c’est surtout son explication sur les prix qui m’a fait sourire : « C’est 5% de rabais en ce moment sur l’achat d’un article. Si vous en prenez deux, c’est 10%. Pour trois, c’est 15%… en fait, plus vous achetez, et plus vous économisez« . J’ai tout de suite regardé ma blonde avec un sourire. Ma blonde, qui me connaît trop bien, m’a tout de suite fait les yeux qui disent « Commence pas … « .

Ma montée de lait Ça fait du bien des fois une montée de lait. Je devrais avoir une chronique mensuelle juste pour ça. Et ça tombe bien car là, j’ai vraiment le goût d’en faire une. Covid-19: 1500 cas en moyenne par jour depuis fin novembre. Juste à l’approche du vendredi con. Le journaliste de TVA, Andy, celui qu’on envoie tellement partout que je me demande s’il n’a pas un jet privé (un jour il est en Gaspésie pour enquêter sur des mystérieux vols de sous-vêtements dans un Tigre Géant, le lendemain il est en Abitibi pour faire un reportage sur la hausse fulgurante du prix des dentiers, etc.) … bref, Andy est là en train d’interviewer ces chasseurs d’aubaines risquer leur vie en temps de pandémie pour « sauver de l’argent ». Et là, cette madame et ses 3 filles. Andy lui demande ce qu’elle va acheter. La madame lui répond : « Je sais pas, on va voir… ». Comment ça tu sais pas, Chose ? On est en temps de pandémie, pis tu t’en vas te mêler avec plein d’idiots au centre d’achats sans raison ? Qu’est-ce que t’as pas compris dans « évitez les rassemblements inutiles ?? ». « Je sais pas… ». Comment peux-tu perdre ton temps pour aller voir s’il y a de bons rabais sur des articles dont tu n’as pas besoin ? Et si jamais les supports en céramique pour pneus 15 pouces de Chevrolet 1967 sont à 90% de rabais, tu vas faire quoi, en acheter une caisse parce que c’est le meilleur rabais de la semaine ? C’est ce qui me choque le plus du vendredi idiot. Les gens achètent des choses dont ils n’ont pas besoin pour profiter d’un rabais alors qu’on sait très bien que 1) ce sont souvent des articles de moindre qualité et 2) si vous aviez travaillé 10 heures au lieu de dormir devant le Apple Store, ce salaire serait probablement plus élevé que le rabais lui-même…

C’est peut-être juste l’effet pandémie Déjà que cette surconsommation m’horripile en temps normal, imaginez en temps de pandémie. Je suis peut-être allé 2 fois par « obligation » dans un centre d’achats. Une fois pour acheter un protège-matelas (sic), et une fois pour aller acheter des lunettes (ben oui, la cinquantaine approche… la grosse loupe du Dollarama a ses limites). Bref, déjà que je me sens mal ces temps-ci de me balader en public, voir les gens glander à dépenser de l’argent pour faire « rouler » l’économie chinoise à leurs dépends me scie en deux, grave (l’expression « grave » est l’effet des maudits français du Plateau…). Je me dis souvent, « si seulement on pouvait canceller Noël pour permettre aux gens d’améliorer leurs finances, ne serait-ce juste une fois » … et ben cibolle, on est passé à côté d’une maudite belle occasion. On ne peut pas aller nulle part, les magasins doivent limiter le nombre de gens par pied carré, la PCU est finie, et matante Gisèle a décidé de ne pas recevoir. On a juste à rester à la maison et écouter Ciné-Cadeau. Et pourtant on ne manque pas une occasion de dépenser quand même car la plupart des gens pensent que la situation va se stabiliser dans les 6 prochains mois. C’est certain que ça va se stabiliser et que ça va revenir comme avant … sauf qu’avant, Chose, ton taux d’endettement était déjà trop élevé, Innocent !

Encore Kia Déjà que la phrase « pour moi la définition du bonheur est une ballade en famille dans mon Kia Sorento » me laisse bouche bée, le dernier commercial montrant la porte-parole demander qu’on emballe son Sportage et son Forte me fait hisser le poil dans le dos… Récemment, on nous a fait croire qu’il fallait achetait une voiture qui colle à notre personnalité. Qu’il fallait acheter des gros pickup polluants parce qu’on aimait la nature (!). Qu’on avait besoin d’acheter une voiture avec traction intégrale pour sortir de la ville aller observer des oiseaux. Maintenant, on veut nous faire croire qu’acheter un véhicule -qui va détruire nos finances et nous rendre esclave de paiements mensuels pour le reste de notre vie- est une décision aussi banale que de se faire un petit cadeau sous le sapin. Curieusement, j’ai l’impression que ce sont les fabricants automobiles qui sont en train de nous en passer un gros, un sapin. Cette voiture achetée sur un coup de tête, c’est $1.2 million en coût d’opportunité sur 25 ans. Ne préfériez-vous pas trouver $1.2 million sous le sapin (dans 25 ans) ?

Et que dire de ces pubs à la radio. Comme celle avec cette hystérique qui appelle son mari pour lui dire qu’elle n’a pas eu le poste de vice-présidente … « oh, tu dois être déçue », et elle de lui répondre: « Non, pas du tout, ils m’ont nommé présidente ! Alors prépare l’entrée, j’arrive avec ma nouvelle Lexus ». Non mais franchement ? Quel genre de compagnie de broche à foin a des processus comme ça. Qui plus est, nommer une personne qui a ce genre de priorité. Quel manque de jugement… … c’est sans parler de l’autre pub, celle qui essaye de convaincre son chum de changer d’auto parce que les nouveaux modèles ont des trucs « plusse cools« , comme la caméra de recul, un détecteur de chauffard sur les côtés, etc. Pis l’autre qui plie et dit ok … aye Chose, ça prend quelqu’un pour dire non dans le couple, sinon c’est Highway to Credit Town. Bon. ok, je me calme. Ça va mieux maintenant …

Brick et compagnie Ceux qui me lisent ou qui étaient sur le panel organisé par Modest Millionaires savent que je n’ai pas une très bonne opinion des pubs de la compagnie Brick non plus. Pas parce que leurs pubs du ‘vendredi fou ben raide’ commencent en juin avec le « vente du vendredi fou à l’avance » et finissent en février avec la « vente d’après le vendredi fou », mais parce que leur slogan « Plusse d’économies pour vous » me rend fou. Ce n’est pas une économie si vous achetez quelque chose. Si c’est moins cher, c’est quand même une dépense ! En fait, c’est ça qui me dérange. On ne sait plus faire la différence entre moins dépenser et faire des économies. On a fini par nous faire croire qu’économiser est tout simplement « acheter quelque chose en rabais ». Oubliez ça « gérer un budget » ou « dépenser moins qu’on gagne ». Quand c’est rendu que, dans la tête des gens, un café gratuit après en avoir acheté10 à $5 est une façon d’économiser, alors la partie est finie. La surconsommation a gagné. Alors en cette période des fêtes, durant laquelle on vous encourage à « donner généreusement » (!), je dis félicitations aux durs de durs qui continuent de résister … vous aurez le dernier mot !

Le Chiffre Magique

Le Chiffre Magique

J’ai participé à quelques « Meeting FIRE » dernièrement organisés par Modest Millionaires. Je trouvais très intéressant et inspirant ce mouvement vers l’indépendance financière. Certains participaient pour apprendre à faire un budget, d’autres pour trouver des conseils pour épargner ou seulement pour se rassurer que les sacrifices en valent la chandelle. Les panélistes étaient variés. Il y avait Julie de PlanifRetraite, Les Ingénieux, Le Jeune Retraité et La Sorcière Frugale. J’ai aussi apprécié la période de questions qui nous a tous permis de répondre selon notre philosophie. Par contre, une drôle de question est revenue souvent: « Quel est le chiffre magique… » ?

Pour le cryptogramme de la Sagrada Familia, ce chiffre magique est 33

Les Frugalistes Je crois que LA question, la recherche du Saint Graal, était surtout posée par les frugalistes. Comme je le disais dans un blogue précédent, je crois qu’il y a une énorme différence entre une personne frugale et un frugaliste. Ce dernier veut atteindre l’indépendance financière rapidement et est prêt à tout pour atteindre son but : arrêter de travailler le plus tôt possible. Bon, il y a des nuances de gris, mais je crois que les frugalistes sont plus intéressés au but qu’au parcours… Peut-être me trompè-je !

Le Chiffre Magique : Taux d’Épargne / Dépenses / Magot Nécessaire Ce furent les premières questions à la fin du panel. Quel taux d’épargne faut-il pour devenir financièrement indépendant ? Quel est le niveau de dépenses à maintenir ? Quel est le montant nécessaire pour prendre sa retraite ? La réponse à toutes ces questions est … ça dépend ! Quel âge avez-vous ? Si vous commencez à épargner à 20 ans vs 60, le taux ne sera pas probablement pas le même. Quel est votre revenu … parce que la réponse est sûrement différente pour M. Louis Vachon. Quel est votre style de vie, vos obligations ? La réponse n’est pas la même si vous êtes un couple sans enfants que si vous en avez cinq et avec des personnes à charge. Pour un jeune frugaliste pur et dur, il y a probablement un taux et une formule magique qui font en sorte qu’on peut calculer au jour près le moment où on atteint une « indépendance financière » et qu’on peut crier « Bingo » lorsqu’on y parvient. C’est vrai que cet article sur le blogue de Mr Money Mustache est assez solide mathématiquement parlant pour supporter ce concept. Mais, vous avez deviné, même si je suis en finance, mon approche pour l’indépendance financière passe plus par la philosophie que par les chiffres. Né l’année du rat, je prévois toujours le pire des scénarios. On a tous des projets qui, au final, coûtent plus chers que prévus. Mes petites start-up peuvent en témoigner. De plus, on est aussi tous sujet à des accidents de parcours qui sont hors de notre contrôle. Du mouvement FIRE, je suis beaucoup plus « FI » que « RE ». L’indépendance financière c’est beaucoup plus que d’avoir accumulé assez d’argent pour dire « bye bye boss ». Enfin, si jamais vous devenez millionnaire … So what? Qu’allez-vous faire ensuite ? Être millionnaire, c’est pas toujours drôle. Ça veut dire conduire une vieille voiture rouillée, faire les travaux dans la maison soi-même, user ses choses longtemps, réparer ses vêtements troués, etc. En plus, ce n’est pas le genre de choses qu’on peut crier sur les toits. Ou bien matante Monique trouve que vous pétez plus haut que le trou, ou bien le beau-frère va vous dire à voix haute, devant tout le monde « Ouin, tout un millionnaire, même pas capable de s’acheter un char neuf (avec un gros Hahaha bien gras) ».

Le look change avec l’argent ? Pas toujours 🙂

Une livre c’est 3500 calories J’ai été un peu inspiré par cet article sur Guy Bourgeois, un conférencier d’expérience, décrivant comment il avait fait pour perdre 75 livres de façon permanente. À 50 ans, 240 livres (pour 5′-6″) et avec un mauvais bagage génétique, il a finalement décidé de se prendre en main. Il a fait ses recherches et a appris qu’une livre était l’équivalent de 3500 calories.

Comme pour un budget, il a fait un plan… « Je me suis mis à calculer les calories et à appliquer un régime de 1800 calories au quotidien. Ce régime m’a permis de perdre 75 livres en un an et demi. Lentement, mais sûrement… ». Les parallèles avec la santé « financière » sont plus que frappants: – Lentement mais sûrement. – Ce n’est pas l’apparence mais l’aspect santé qui le motive. – Le secret de la persévérance: la gestion des calories, c’est maintenant réglé dans sa tête. – On doit arrêter de penser qu’on peut perdre du poids rapidement. – Il a coupé les desserts chaque jour, mais craque parfois pour une gâterie. – Ça prend quoi pour réussir ? De la discipline…

L’important c’est le chemin, pas le but J’ai lu récemment le livre de Jean-Sébastien Pilotte. Livre tout aussi intéressant que ses articles de blogue, il y avait plein de chiffres instructifs et des formules pour calculer ce que les frugalistes recherchent, même si tel n’était pas le but du livre en soit. Je ne veux rien enlever aux calculs détaillés et recherchés de Jean-Sébastien, loin de là, mais de façon complémentaire, je veux simplement dire que, selon moi, le chemin pour parvenir à l’indépendance financière est plus important que le but. Je suis devenu millionnaire un peu comme Guy Bourgeois a perdu du poids. Lentement mais sûrement. J’ai contrôlé mes dépenses sans en faire une maladie, tout en me permettant de petites gâteries de temps à autre. Surtout, j’ai persévéré car mes habitudes de consommation sont devenues « réglées dans ma tête » avec le temps. Peu importe son âge, son revenu, son style de vie et/ou ses obligations, l’important est de prendre ses finances en main et de prendre conscience de ses choix et de leurs impacts. De ne pas succomber à des achats impulsifs ou excessifs. D’être comfortable et de retrouver les plaisirs de vivre selon ses besoins et non pour épater un voisin. Le reste va suivre naturellement, à son rythme. L’indépendance financière passe en tout premier lieu par une saine gestion de son budget. Je vais probablement travailler jusqu’à 80 ans. Être millionnaire ne change absolument rien à ça, et cela n’a jamais été mon but. Je le répète: « Vous êtes millionnaire, so what? ». Si le chemin pour devenir millionnaire a été pénible, atteindre son but ne sera pas la gloire. Le chemin est un apprentissage qui comporte des hauts et des bas, et durant lequel on apprend à être fier de chaque accomplissement. Vous savez, Guy Bourgeois n’a pas un corps d’athlète malgré tout, mais il a raison d’être fier. Alors, à tous ceux qui gèrent leur budget sainement, peu importe où vous êtes rendus dans votre parcours, je vous dis bravo, passons du mouvement FIRE au mouvement FIER 😉

Back to the Future

J’avais bien aimé le film « Back to the Future » à l’époque. Je dis à l’époque car je viens tout juste de me rendre compte qu’il est sorti en salle en 1985. Ouch ! Quel coup de vieux … parlant de retour dans le temps !

J’ai toujours trouvé le concept de voyager dans le temps intéressant. Imaginez si vous pouviez revenir en arrière et déposer une somme d’argent dans votre propre compte de banque. Ou, mieux encore, vous laissez une petite note pour vous dire de tout investir dans Apple ou Tesla (j’avoue que si j’avais vu cette note en 1985, je me serais vraiment demandé ce qu’était Tesla…). Bon, c’est certain que si je pouvais revenir en arrière, il y a des choses bien plus importantes que je ferais, mais gardons ce blogue orienté finance … Pourtant, des voyages dans le temps, on en fait chaque jour (!). Votre consommation d’aujourd’hui a un impact dans le futur. C’est aussi dans le futur que vous allez souhaiter pouvoir revenir en arrière et prioriser certaines de vos actions ou achats.

McSween

C’est notre comptable préféré qui a dit sur les ondes de Paul Arcand ce que je savais intuitivement mais n’avais jamais mis en mots. Un achat important à 20 ans n’a pas le même impact sur les finances que ce même achat à 50 ans. Ça paraît trop évident pour en discuter, et pourtant.

Lorsque j’étais au secondaire 5, il y avait un étudiant qui travaillait à temps plein car son rêve était d’acheter une Toyota MR2. Il avait finalement réussi à en acheter une, mais il n’avait pas assez d’argent pour acheter une assurance « des deux bords ». Quelques semaines après son achat, toujours excité par la puissance de sa voiture, il a manqué une courbe à pleine vitesse. Oops. Il a payé pendant 5 ans pour de la tôle … littéralement.

Des exemples comme ça, il y en a plein (accident en moins). Mon collègue au MBA qui a dû demander $15,000 à ses parents afin de l’offrir à qui voudrait reprendre le bail de la « super » voiture qu’il avait achetée pour montrer sa « réussite ». Cet autre collègue qui, en plus d’une voiture de luxe neuve, a une moto et un bateau pour ne pas avoir l’impression de « manquer quelque chose ». Ou même cet autre collègue qui ne voyage qu’en classe affaire et ne réserve que les meilleurs hôtels car « monsieur » veut vivre comme un pacha quand il n’est pas chez lui, alors que « chez lui » c’est un vieux 2 1/2 mal chauffé car il n’a pas les moyens d’acheter un condo. Je suis certain que tous aimeraient maintenant pouvoir revenir en arrière.

À 20 ou 30 ans, la différence entre épargner $50,000 ou flamber $50,000 dans son ego est beaucoup plus que $100,000 à long terme. C’est la différence entre une personne qui paye des intérêts toute sa vie sur sa consommation vs une autre qui consomme avec les intérêts accumulés à travers le temps…

Voiture

À presque 50 ans, je me promène surtout en Bixi et loue une voiture au besoin. Mes parents ont honte, ils trouvent que j’ai l’air d’un pauvre alors que le cousin de la fesse gauche vient tout juste d’acheter un SUV tout neuf, encore. Ce que mes parents ne savent pas c’est que j’ai acheté une Maserati GranTurismo il y a 30 ans, et j’en prendrai possession dans 10 ans!

C’est ça voyager dans le temps. Quand je dis que j’ai acheté une Maserati il y a 30 ans, je veux juste dire que je n’ai pas fait l’erreur d’acheter une Honda Civic, vitres teintées avec un gros système de son Boom Boom Boom en sortant des bancs d’école. Trop de gens l’ont fait en pensant que c’était normal, la suite des choses, et qu’il fallait montrer qu’on avançait bien dans la vie. Il fallait dépenser pour montrer que nos choses allaient bien 🙄 L’argent que je n’ai pas engouffré dans cet achat a fait boule de neige à travers les années. Un jour, dans 10 ans peut-être, je vais acheter cette belle rutilante voiture, sans regret et sans sacrifice puisque ce sera seulement avec les intérêts composés. Je vais alors voyager dans le temps, revenir en arrière avec une petite pensée pour l’homme frugal que j’étais et lui dire « merci »… J’ai aussi une petite pensée en ce moment pour ce vieux monsieur que je croisais presqu’à chaque jour en quittant mon travail d’été, lorsqu’étudiant, dans ma vieille Renault Alliance rouillée. Les cheveux blancs, complet d’été beige, il quittait environ aux mêmes heures que moi, mais dans une belle Ferrari Testarossa (je répète, c’est la fin des années ’80 😂 ). Bref, je trouvais ça tellement injuste à l’époque… je comprends beaucoup mieux aujourd’hui !

Ne pas se priver Une des expressions qui me fait bien rire. Une des plus contre-intuitives. Je ne veux pas me priver . Pourtant, tous ceux qui ne veulent pas se priver à court terme finissent par se priver plus que les autres, à long terme. On ne veut pas faire de sacrifices, donc on ne fait pas de budget pour ne pas regarder la vérité en face. On ne priorise pas. On finit par rêver à plus, mais on continue le cycle de « plus tout de suite » et « moins à long terme » pour combler nos désirs immédiats.

On parle souvent de voiture et de voyage pour les « privations », mais certaines petites dépenses peuvent devenir assez importantes. Je pense au café quotidien (bon, peut-être moins quotidien depuis qu’on travaille à la maison …). Certains consomment 2 cafés lattés par jour. À $5 chez le barista cool du coin, ça fait plus de $200 par mois … ou $2,500 par année ! Imaginez-vous dans 20 ans et, maintenant, faites un « back to the future » pour effacer cette habitude. Vous aurez alors (dans 20 ans… c’est compliqué voyager dans le temps!!!) de quoi vous offrir plusieurs voyages première classe au Costa Rica où vous pourrez siroter bien des lattés …

Ma femme m’a montré le blogue de Retraite 101 dernièrement : Une coupe de cheveux à $15,000 !!! Monsieur R101, qui se coupe les cheveux lui-même (comme moi depuis 6 mois…), a calculé les économies qu’il a faites depuis 20 ans en évitant les salons de coiffure grâce à sa tondeuse électrique. $15,000 !!! Il peut maintenant aller se faire couper les cheveux à Paris une fois par an pour les 20 prochaines années ! (fait cocasse, je vais toujours me faire couper les cheveux dans le pays où je suis en vacances. C’est souvent cocasse -et stressant- expliquer ce qu’on veut. Je me suis retrouvé en blond à Tokyo, on avait mal compris le mot « mèches »…). Donc Monsieur R101 a voyagé dans le temps pour ses coupes de cheveux, et elles valent aujourd’hui $15,000. Un autre pourrait appliquer cette logique pour couper dans le café quotidien. On pourrait passer de 2 lattés à 1 seul, sauver $110 par mois… mais se faire un cadeau de $54,000 dans 20 ans. Imaginez la liste « Back to the Future » qu’on peut se faire avec cet outil (taux de 7%, sur 20 ans) : Coupe de cheveux (example retraite 101): $15,000 Café ($110 par mois) : $53,000 Communication (cellulaire, câble, internet … disons $100/mois) : $50,000 Auto, $1,000 par mois : $492,000 On est déjà rendu à $610,000. Je suis certain que vous pouvez trouver 2-3 autres postes de dépenses, comme les sorties ou les vêtements, pour faire monter ce montant vers les 7 chiffres. De un, l’exemple ci-haut est sans compter que la différence entre « dépenser » et « économiser » est encore plus grande. Si vous dépensez $610,000 vs économisez $610,000, la différence est $1.2 million. De deux, au bout de 20 ans, juste les intérêts sur les économies de ne pas avoir acheté de voiture (ou de deuxième voiture) sont de $34,000 … de quoi acheter une voiture neuve à chaque année, juste avec le rendement sur votre capital !

De la petite bière L’autre analogie que je peux faire avec voyager dans le temps est ma consommation de bière au Cegep. Si je pouvais revenir en arrière et réduire le nombre de pichets de bière diluée acheté à mes « amis », alors ma cave à vin aurait été mieux remplie…

Mais on ne peut pas tout couper dans le seul but d’en avoir plus un jour. Est-ce que boire un Château Lafite seul dans 10 ans est mieux que quelques bières entre ami(e)s il y a 30 ans ? Peut-être pas. Je suis peut-être frugal, mais tel que discuté auparavant, je ne suis pas frugaliste pour autant. Il faut simplement être conscient de ses choix, et de leurs impacts.

En gros, ce que je veux dire, c’est que nos choix passés ont un impact tangible aujourd’hui, et qu’en conséquent nos choix actuels auront un impact dans le futur. « Ne pas se priver » finit toujours par nous rattraper, et qu’il y a un moment pour tout. Le RV rêvé de Gaétan pis Raymonde peut donc attendre un peu si leur emploi du temps ne leur permet pas d’utiliser cet achat ‘à fond Léon’. Il faudra peut-être aussi trouver une alternative à l’achat de la motoneige et du motocross si ces achats mettent en péril l’achat du RV dans 10 ans. Gaétan, Raymonde, tenez-vous en avertis.

Le futur, c’est maintenant. Pour reprendre un proverbe chinois d’un de mes blogues qui est aussi le moto de Les Ingénieux « Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans. Le deuxième moment est maintenant ! ». Alors offrez-vous un voyage dans le temps. Prenez le temps de bien vous imaginer dans 10, 15 ou 20 ans, où vous voulez être, ce que vous voulez faire et revenez alors dans le passé, donc maintenant (!), et faites les choix qui s’imposent pour ne pas amputer votre futur (cette dernière phrase n’a pas été commanditée par la SQDC).

Économies de Bouts de Chandelles

Autrefois, on récupérait les bouts de chandelles non consumés pour en faire de nouvelles ou pour les revendre. Les bourgeois considéraient cette vente comme une valeur insignifiante, d’où est née l’expression Faire des Économies de Bouts de Chandelles. Expression assez populaire pour que l’émission l’Indice Mc$ween y consacre une capsule, et il y aurait de quoi faire un film avec toutes les miennes…

La Pâte à Dents Je me suis marié avec une femme géniale. Vraiment, j’ai tout pour moi. Belle, drôle, intelligente. Quand je l’ai rencontrée, je la trouvais parfaite … jusqu’à temps qu’on vive ensemble. Non mais même dans les premiers mois à cohabiter, la lune de miel … jusqu’à ce que je finisse la pâte à dents et que je m’apprête à jeter le tube… notre premier conflit matrimonial commençait:

Ma femme: « Whoa whoa whoa », qu’est-ce que tu fais là ?  » Moi: « Ben, je le jette, y’en a pu ». Ma femme: « Ben voyons, squeeze-le un peu, il en reste encore pour 3-4 jours ». Moi: « Aie exagère pas, il en reste même pas assez pour 3 dents » Ma femme: « Passe-moi ta brosse à dents… » Je vous jure, avec le dos de la brosse à dents, en commençant par la fin, elle a effoiré ça vers l’orifice, on aurait dit qu’elle avait caché un tube dans le tube comme une magicienne. La Luc Langevin de la pâte dentifrice, la Alain Choquette de la brosse à dents. J’en croyais pas mes yeux, un vrai spectacle.

Bon j’exagère un peu car je me rappelle lui avoir dit ce jour-là « ça ce sont des économies de bouts de chandelles… ». On s’obstine encore là-dessus, presque 20 ans plus tard.

Les Autres Pots

Je m’étais habitué à garder un Wise-Grip dans la salle de bain pour le tube de pâte à dents, mais j’ai vite dû trouver d’autres instruments pour une multitude de formats de pots pour y récupérer ce que ma femme n’arrivait pas à récupérer avec ses doigts… Le couteau à pain. Vraiment pratique, une belle découverte. Je vais prendre comme exemple le pot de moutarde French jaune en plastique. Vous êtes en train de mettre une ligne de moutarde dans votre hot-dog quand tout à coup, sprouitch, plus d’air que de moutarde qui sort et ça revole sur votre chandail blanc. Vous pensez que prendre l’autre pot de moutarde serait une solution acceptable. Oh ! que non. Madame arrive, « Aie aie aie, on gaspille pas ». Coupe le pot de moutarde en deux pour gratter avec un couteau de quoi finir son hot-dog … pis un autre. Hormis le pot de moutarde, le pot de crème à visage est aussi populaire. J’essaye d’éviter les petits pots spécialisés sur lesquels je me coupe souvent les doigts et qui me coûtent au final chers en Band-Aids. La spatule. Autre instrument capital à garder à portée de main. Je récupère tellement de beurre de pinotte en passant la spatule dans le pot que je ne peux même plus appeler ça une économie de bouts de chandelles. On passe à un autre niveau. Même chose pour la mayonnaise. Au niveau récup, post-spatule, je peux presque faire deux sandwichs aux tomates, et je peux même licher mes jointures … délicieux.

Autre méthode

Pratico Pratique Vous ne voulez pas passer pour un radin, alors quoi de mieux qu’un petit cours de cuisine 101, pots pour toutes les sauces… Ma recette préférée, une vinaigrette maison. Un filet d’huile d’olive dans un pot de vinaigre balsamique vieilli 15 ans pour récupérer le fond tout collant. Un peu de poivre, moutarde (tiens donc) et sirop d’érable, on brasse, bingo. On verse à même le pot sur la salade. Ok ok, il reste quelques gouttes, mais faut pas virer fou non plus 😉 Du réduit maison. Comme ma deuxième plus grande catégorie de dépense après le vin est le sirop d’érable, je fais quand même un effort de récupération. Alors quand j’ouvre une nouvelle canne pour la verser dans un pot, je ne manque pas l’occasion de verser un peu d’eau bouillante dans la canne… ce qui me fait un beau verre de réduit. De temps à autre, on peut même y ajouter du gin, pour faire comme à la cabane, à côté de la panne.

Celle-ci n’est pas de moi, mais en écrivant le texte je me suis aperçu que je n’étais pas le seul radin. Faute de trouver une spatule, et beaucoup plus élégant, voici une belle recette de sauce aux arachides à faire avec un fond de pot. Pis on peut faire une autre belle recette avec un pot de mayo presque vide, si vous n’avez pas envie d’un sandwich aux tomates.

Mode de vie ?

En fait, ça s’appelle surtout Économies de Bouts de Chandelles si on le fait pour seul but d’économiser. Mais nous, on le fait tout simplement pour ne pas gaspiller. Sans même penser à l’argent, il ne nous viendrait jamais à l’esprit de jeter quelque chose sans avoir « extirper » le maximum de ressources disponibles. Le gaspillage est synonyme d’inefficacité, de paresse, voire de manque de respect.

Comme pour mon article Gros Macro, si vous êtes seul à gratter le fond d’un pot de moutarde, c’est un peu peine perdue. Mais du point de vue macro, si on est 10 millions à sauver un peu de mayo, de pâte à dents ou beurre de pinne à chaque mois, ben ça finit par faire beaucoup moins de voyages au Costco collectivement au bout d’un an.

Surtout quand on considère le gaspillage alimentaire, même si ce 1% de produit récupéré représente une quantité microscopique, au point de vue macro, encore une fois, c’est gigantesque … pas tant sur le plan monétaire que sur le plan écologique.

Aussi, ce « mode de vie », soit de ne rien gaspiller et de respecter les ressources, ne s’arrête pas à l’alimentation. Vous pouvez en effet transposer cette pratique sur la consommation de tous les jours, que ce soit pour les vêtements, le transport, les communications…

Ma définition ! Ma définition diffère de la version officielle. Pour moi, des économies de bouts de chandelles sont d’essayer de sauver sur des détails alors que vous avez dépensé beaucoup trop d’argent sur l’objet principal. Pour moi, c’est essayer de faire des économies pour des raisons purement monétaires, basées sur le court terme. Sur ce, je préfère l’expression anglaise « Penny wise, pound foolish« .

Par exemple, vous achetez une voiture sport, de luxe, donc très chère et sur un coup de tête. Si vous passez des heures à essayer d’économiser $100 sur l’assurance, ou bien faites un changement d’huile avec la plus cheap car la synthétique (recommandée pour votre 911) est trop chère, alors pour moi vous faites des économies de bouts de chandelles. Dans le premier cas, vous auriez tout simplement dû acheter la Toyota Yaris et sauver beaucoup plus que $100, sans effort, et dans le deuxième le coût de réparer le moteur de votre 911 va coûter plus cher que ce que vous avez sauvé en huile.

Je vois trop souvent des voitures de luxe, comme des BMW, mal entretenues, avec de la rouille ou des poques. Une voiture de luxe qui dépérit, c’est encore pire que ma vieille Mazda Protégé de 13 ans dont je bouchais les trous de rouille avec de la potée et que je peignais moi-même. Si vous essayez de sauver sur l’entretien, selon moi, c’est une économie de bouts de chandelles. Si vous gardez vos pneus d’hiver en été pour sauver un changement de pneus au garage, c’est une économie de bouts de chandelles, et ça met votre vie en danger. Si vous réparez un trou dans un mur avec une feuille de carton pour sauver sur le plâtre, c’est une économie de bouts de chandelles… Autrement dit, si c’est pour une raison purement monétaire, basée sur le court terme et, qui plus est, met votre sécurité en danger, c’est une économie de bouts de chandelles.

La Belle Époque Je me souviens de mes grands-parents. Ils étaient débrouillards. Pas de place pour la paresse, chaque objet avait de la valeur et était récupérable. Comme les gens de cette époque, ils étaient en avance sur leur temps 😁

J’aimais bien aller dans le garage de mon grand-père. Il récupérait ses boîtes de tabac en métal, qui devenaient des rangements pour ses clous et ses vis. C’était pas chic, mais une belle récup et loin d’être une économie de bouts de chandelles à mes yeux. Les vieux pots de confiture en verre, dont les couvercles étaient vissés sous la tablette, étaient encore mieux car on pouvait voir les vis, toutes bien classées, sans devoir ouvrir le pot.

La belle époque c’était de faire avec ce qu’on avait. C’était récupérer ce qui pourrait servir à autre chose, non pas pour faire des économies mais parce que ça allait de soi. Les moyens financiers (ou le crédit) étaient limités, donc on compensait avec l’imagination et la praticité.

Chaque Geste Compte

Le chemin de l’indépendance financière n’est pas une course vers une cible pré-définie. Le chemin lui-même doit être tout aussi intéressant que l’objectif. Pour ce faire, tout est une question d’équilibre dans notre style de vie, pour être tout aussi heureux avant, pendant et après l’atteinte de cet objectif. Donc squeezer sa pâte dentifrice avec un Wise-Grip n’est pas une économie de bouts de chandelles, mais un signe qu’on a adopté un style de vie adapté pour ce long chemin parfois chaotique.

N’oubliez pas, chaque geste compte, mais ne mettez pas votre vie en danger … pour des économies de bouts de chandelles ! À bientôt !

Je Suis Épicurien

Être épicurien est synonyme de plaisir. Selon le Larousse, être épicurien est relatif à une morale qui propose la satisfaction de tout ce qui contribue au plaisir. Pourtant, l’épicurisme est un courant de philosophie ayant pour objectif principal l’atteinte du bonheur par la satisfaction des seuls désirs « naturels et nécessaires ». On est loin de Gargantua & Pantagruel.

L’Épicurisme

J’ai lu un peu plus durant la Covid à cause de la fermeture de la grande bibliothèque. C’est un peu contradictoire, j’en conviens, mais voyez-vous j’ai tendance à emprunter soit des livres sur l’histoire des mathématiques (le dernier étant Infinite Powers de Strogatz) soit des romans de chasse aux trésors (Gibbins, Cussler, Kuzneski…). La fermeture de la Bibli m’a forcé à me perdre dans les méandres de Wikipédia, à cliquer sur des liens et des définitions, ce qui m’a conduit par hasard sur Épicure et l’Épicurisme. Et la lumière fut…

Je découvre que la vie que mène Épicure est simple et frugale. Il est végétalien et préfère boire de l’eau (ben là, disons qu’on diffère un peu en ce qui concerne la gastronomie 😁). Sa philosophie prône le contentement et la vie communautaire entre amis. Sa doctrine de « bonheur et plaisir » est souvent interprétée à tort comme une philosophie de « bon vivant » cherchant le plaisir avec excès. En réalité, c’est une philosophie d’équilibre fondée sur le fait que toute action entraîne à la fois des effets plaisants et des effets menant à la souffrance. Il s’agit donc, pour un épicurien, de rechercher le plaisir sobrement pour éviter des actions menant à la douleur.

Le millionnaire invisible est donc épicurien. Il a réalisé il y a un certain temps qu’il n’est pas nécessaire de dépenser pour être heureux. Mieux encore, que les épargnes qu’il a faites grâce à son style de vie frugal lui procurent une paix d’esprit sans égal. Il n’a maintenant plus rien à prouver, se fout des qu’en dira-t-on, et peut profiter de la vie sans se soucier de quoi que ce soit … sachant fort bien que son style de vie demeurera frugal par nature.

Curieusement, je dois être philosophe à mes heures car l’épicurisme ressemble beaucoup à ce que je tente de décrire dans mon blogue Fomo – Fear of Missing Out!

L’Hédonisme

L’hédonisme est une philosophie selon laquelle la recherche de plaisirs constitue le but de l’existence humaine. Rien de moins.

Dans un même temps, les douleurs et les déplaisirs sont à éviter, tels que: le rabaissement et l’humiliation, la soumission à un ordre imposé, les privations et les frustrations justifiées par des fables.

… pas besoin d’en dire plus. On pense tous aux mêmes personnes.

Comme Joe Toutpermis. Il passe ses week-ends à faire du motocross, du Sea-Doo et du bateau. Lui, il s’en achète du gros fun. Des highs de pur plaisir qui vous pourrissent la vie si vous avez le malheur de louer un chalet près de chez lui pour un w-e tranquille. Par contre, Joe envie ses voisins qui ont soit un plus gros char, un plus gros chalet ou un plus gros bateau. Il aimerait donc ça avoir plus gros pour impressionner, ce qui lui procurerait encore plus de plaisir. Par contre, Joe trouve ça beaucoup moins l’fun quand les comptes arrivent à la fin du mois et qu’il doit appeler Jean Fortin & Associés pour « l’aider » à s’en sortir. Comme une drogue, il est sur un high et recherche une autre dose de plaisir. Car la réalité, les factures, ne le rend pas heureux du tout…

La pandémie sera néfaste pour les finances des hédonistes. Contraints à l’isolement, ils ont l’excuse parfaite pour se lancer dans des dépenses. Pas de vacances possibles cette année ? Pas de problème, on achète un chalet. Pas de chalet à vendre, ou le crédit passe pas ? Pas de problème, on achète un VR ou une roulotte pis des vélos neufs pour la famille, même pour Monique, qui n’a pas fait de vélo depuis 1976. Un beau Giant à $5,000 pour pas que les gens rient de nous, financé sur 12 mois… c’est rendu que même Giant, le plus grand fabricant de vélo au monde, est backorder.

L’effet de la pandémie se fera sentir l’année prochaine selon moi. Les hédonistes étant ce qu’ils sont, trop pressés de dépenser, il y aura de mauvais achats coups de tête et je peux déjà anticiper l’an prochain des ventes aussi rapides que les achats de cette année. Avis aux intéressés, le Giant de Monique n’aura pas 100km au compteur et le prix sera 50% de moins…

Philo 101

Je suis content que la Grande Bibli vienne de rouvrir. Je crois que je vais délaisser certains romans de Grisham ou Silva, ainsi que certains livres de mathématiques, pour découvrir la section philosophie. L’eudémonisme est dans mon radar comme prochain sujet. Aussi, Aristote, Platon, Spinoza… plusieurs heures de plaisir (!) à l’horizon. Dire qu’on riait des cours de philosophie au Cégep, me voilà prêt à prendre des cours par moi-même.

Et pour m’inciter à philosopher, sans même devoir passer par la SQDC :

« Que personne, parce qu’il est jeune, ne tarde à philosopher, ni parce qu’il est vieux, ne se lasse de philosopher; car personne n’entreprend ni trop tôt ni trop tard de garantir la santé de l’âme. Et celui qui dit que le temps de philosopher n’est pas encore venu, ou que ce temps est passé, est pareil à celui qui dit, en parlant du bonheur, que le temps n’est pas venu ou qu’il n’est plus là« . Trop fort 😉

À quoi bon être riche ?

Pour un millionnaire invisible, la question ne se pose même pas. Mais j’avoue que c’est un peu contre-intuitif pour la plupart des gens.

À quoi bon être riche si on ne peut pas « en profiter » ? Premièrement, les épicuriens en profitent… autrement. On semble faire et connaître la différence entre les désirs « naturels » et les désirs « artificiels ». Deuxièmement, il est très difficile de devenir financièrement indépendant, ou « riche », si on ne cesse de gaspiller son argent sur du superficiel.

La richesse est relative. Vous êtes « riche » avec $400,000 en banque si vous n’avez besoin que de $10,000 par année pour être heureux et comblé. Vous êtes pauvre avec $2 millions s’il vous faut $200,000 par année (et avec le sentiment de ne jamais en avoir assez). Vous êtes riche si vous pouvez voyager en sac à dos sans même devoir consulter votre budget. Vous êtes pauvre si vous devez toujours voyager en première classe … et constamment consulter votre crédit.

Avant de vous acheter quelque chose qui nécessite un prêt, achetez-vous plutôt la liberté. La liberté de voyager 2-3 mois par année, de faire des activités qui vous stimulent, quand et où vous voulez, de quitter votre emploi (ou un patron) au besoin, etc. Ce qui coûte le plus cher, c’est la liberté. L’indépendance financière, on le dit, ça n’a pas de prix … et offre un excellent retour sur l’investissement.

$1735 Hormis mes dépenses nécessaires (frais de condo, taxes, assurances, hydro et internet), j’ai dépensé $1735 depuis le début le début de l’année (en date du 19 août). J’étais bien fier du chiffre rond de $1700 un peu plus tôt (le budget, comme un jeu…), mais je suis passé à la SAQ tantôt. Oups. C’est donc $7.48/jour. Au moins je suis en dessous de $7.50, et je peux même dépenser $12.50 demain pour ne pas le dépasser 😂 Un vrai budget de millionnaire ! Des fois, je me demande bien ce que je ferais gagner $1,000 par jour à vie !!! Malgré ce budget « restreint » (j’ai dépensé moins que ce que coûte une voiture moyenne pour deux mois), je n’ai vraiment pas eu l’impression de m’être privé. Puisque personne ne voyage, les pique-niques ont été très nombreux cet été. La photo principale du blogue n’est d’ailleurs pas celle du lunch de Gargantua et Pantagruel ne se privant de rien, mais bien celle d’Épicure qui profite d’un bon moment pique-niquant avec sa blonde ou ses amis au parc Lafontaine, DeLorimier, Baldwin, Outremont, Jarry ou près du fleuve. Ça ne prend pas plus que ça, même avec un gros compte de banque. Et non, je ne ressens toujours pas le besoin d’acheter un chalet, un VR ou faire un faux voyage pour aller finalement nulle part pour avoir l’impression d’en profiter.

Travaillez sur votre frugalité. Dépensez où et avec qui ça compte. La paix d’esprit d’une indépendance financière ne fera qu’amplifier la satisfaction ressentie lorsque vous comblerez vos besoins et désirs les plus simples. À bientôt les épicuriens !

—————————————————————- Ha ! Avant d’oublier … La blogueuse Mme Mod, du blogue « Modest Millionaires » organise une rencontre FI virtuelle le 25 août 20h avec des blogueurs financiers, tels que: 1. le Jeune Retraité (http://www.jeuneretraite.ca/) 2. les Ingénieux (https://lesingenieux.com/) 3. planif retraite (https://planifretraite.ca/a-propos/) 4. Socière Frugale (http://sorcierefrugale.com/) 5. Le Millionnaire Invisible (coucou!) Inscrivez-vous ici, c’est un rv ! http://www.modestmillionaires.com/fr/rencontre-virtuelle-fi-quebec/

Le Coût de la Stupidité

J’aime bien la macro-économie, regarder notre système économique dans son ensemble, ses forces et ses faiblesses. J’ai tout récemment découvert l’économie comportementale (Behavioral Economics), une branche de l’économie qui étudie les effets des facteurs psychologiques, cognitifs, émotionnels, culturels et sociaux sur les décisions des individus et des institutions. Alors voici ma petite théorie comportementale pour expliquer -et quantifier- le coût de la stupidité humaine…

Éliminer la Covid

On dépense des milliards pour tenter de trouver un vaccin contre la Covid, un virus qui peut être tué rapidement par … du savon.

Bon, ça paraît simpliste dit comme ça, mais si nous avions tous, sans exception, adoptés des mesures simples comme 1) se laver les mains, 2) porter un masque et 3) garder ses distances, le virus aurait été éradiqué en moins de trois semaines. Mais porter un masque ne fait pas partie de nos habitudes, certains ne peuvent s’empêcher de voir famille et amis, et, pire encore, un tiers des gens ne se lavent pas les mains après être allé aux toilettes ni avant de faire la cuisine (oui, vous pouvez faire le lien…).

Comme on n’a aucune discipline, et faute d’adopter des mesures simples, on doit dépenser une fortune pour tenter de trouver un vaccin. En tout, c’est près de CAD$16 milliards que les États Unis, le Canada et l’Europe ont mis de côté pour la recherche. Trump $11.2 milliards, les Européens $3.7 milliards et Trudeau, $1.1 milliard

Ces $16 milliards représentent le coût de notre stupidité. C’est sans compter le coût d’avoir un système économique au neutre depuis près de 6 mois maintenant.

Le pire, c’est que lorsqu’un vaccin sera trouvé, disons un vaccin qui sera effectif à plus de 50%, ce ne sont pas les payeurs de taxes qui vont en profiter, mais Merck, J&J, Glaxo, Sanofi, Bayer, Eli Lilly, etc. Mais ça, on s’en lave les mains (jeu de mot…).

D’ailleurs, les grandes sociétés pharma sont un peu le symbole de notre stupidité collective. On les voit encore comme les sauveurs du monde alors que 25% des médicaments sont développés par nos Universités. Encore une fois, on paye juste pour du marketing.

Les Dépenses Militaires

$2 trillions… c’est le montant des dépenses militaires de tous les pays du monde. C’est environ 2.25% du PIB global. Ça c’est le montant pour se défendre contre la stupidité humaine…

Vraiment, je trouve ça toujours assez incroyable qu’on doive consacrer autant d’argent pour se défendre… de nous-mêmes. Quel gaspillage de ressources. Aux États-Unis (qui représentent environ 40% des dépenses militaires mondiale), il y a 1.3 million de militaires et 800,000 réservistes. C’est sans compter ceux de l’industrie privée qui travaillent directement ou indirectement pour l’armée.

Dire qu’avec tout ce capital financier et humain, on pourrait éradiquer la faim. Ça coûterait environ $200 milliards pour éradiquer la famine dans le monde. On pourrait tout simplement piger dans les budgets de la défense. Les plus cyniques diront quand même que « couper dans les dépenses militaires crée du chômage » et, donc, des bouches à nourrir … misère.

La Voiture 😁 Au risque de me répéter (!) C’est maladif mais quand je me promène à vélo dans les rues du Plateau, je ne peux m’empêcher de regarder ces voitures immobiles et de me dire « quel gaspillage… ». Pas seulement un gaspillage d’argent, ça c’est chacun son choix, mais quel gaspillage de ressources. C’est aussi ma planète !

Des millions de tonnes de fer et de plastique. Des matières premières qui sont sur-exploitées, qu’on envoie par bateau et par train à l’autre bout du monde pour être transformées. Les matières transformées sont ensuite ré-acheminées ailleurs pour être assemblées. Et elles sont vendues 10,000 kilomètres plus loin. Vous savez, ce $1200 de frais de transport et préparation des voitures neuves… Il se vend 15 millions de véhicules neufs aux États Unis, chaque année. Avec des frais de transport et préparation de $1200 en moyenne, on obtient une somme de $18 milliards …

De plus, dire qu’on dépense $1,000 en marketing par voiture, en moyenne. Aux États-Unis, c’est donc $15 milliards en marketing pour nous convaincre de dépenser plusieurs dizaines de milliers de dollars pour un service de transport qui est immobile 95% du temps. Mais bon, on veut une voiture qui « colle à notre personnalité » (quand on en manque), qui peut transporter des tonnes de matériaux (quand on est un jobeux de w-e), et qui nous offre tant de liberté (quand on n’a pu les moyens de rien faire avec des paiements qui s’étalent maintenant sur 84 mois…). Le pire c’est quand je vois des commerciaux qui vantent la sécurité du véhicule juste parce qu’il est 15 fois plus gros qu’une Toyota Yaris, alors que tout ce qu’on a de besoin sont de bons freins et des bons pneus (aussi une ceinture de sécurité… chapitre intéressant à ce sujet à lire dans « Super Freakonomics » ou aucun fabricant de voiture en voulait au départ car on recherchait un système complexe pour rassurer les gens, ce qu’une simple ceinture à $5 ne faisait pas).

Bref, des mauvaises allocations de plusieurs milliards, je peux vous en trouver en masse avec les voitures… le coût de notre stupidité collective !

Mauvaise Allocation – en général

La mauvaise allocation des ressources et nos mauvaises habitudes de consommation sont généralisées. On n’a qu’à penser à l’industrie de la mode. Loin de moi l’idée de vous faire porter vos pantalons éléphants qui sont encore en bonne condition, mais quand même. L’image de marque ici, c’est pire que les voitures. Des compagnies qui jettent les vêtements neufs aux vidanges pour protéger le branding !

Enfin, comme je me promène souvent dans les ruelles (!) … je décapais tout récemment une porte centenaire de mon vieux condo. Elle avait un mécanisme (un loquet !) récent et je voulais lui redonner son look d’origine. Par hasard dans mes ballades, j’ai trouvé une vieille porte abandonnée dans la ruelle derrière un immeuble en rénovation (et oui, les duplex du Plateau qui sont convertis). J’ai récupéré le mécanisme de la porte abandonnée. Un loquet centenaire qui fonctionnait très bien. Ma porte est maintenant super belle et « full » origine … alors c’est rendu mon nouveau dada, trouver des vieilles portes pour récupérer les loquets, poignées et plaquettes qui valent encore $50 pièce.

Plus je fais des rénos et plus je réalise tout le gaspillage de matériaux nobles qu’on peut faire. On jette des meubles en bois centenaires pour les remplacer par du plastique et du bois compressé qui ne durent que 4-5 ans tout au plus, n’endurent aucun déménagement et ne se récupèrent même pas. N’essayez surtout pas de faire du Chalk Paint pour « donner une 2e vie » à vos vieux meubles Ikea…

On circule sur des ponts en acier récents mais désuets au bout de 60 ans, alors que les ponts et aqueducs romains tiennent encore…

Je vous parle souvent de Kijiji. C’est incroyable tout ce que j’ai réussi à vendre depuis le 1e juillet avec des objets « abandonnés ». Une des dernières trouvailles, une fan, juste à temps pour la canicule. Sur le bord du chemin, sale, à quelques mètres de mon garage. Je me dis « tout d’un coup que » … et bien oui, 2 minutes plus tard je la branche, elle fonctionne. Je prends 5 minutes pour la nettoyer, elle est comme neuve. 5 minutes plus tard, c’est vendu sur Kijiji et je fais un heureux. Ce qui me rend triste dans cette histoire, c’est que quelqu’un allait jeter ce ventilateur juste parce qu’il ne voulait pas prendre 2 minutes pour le nettoyer. « Bof, on va acheter du neuf » que le génie s’est probablement dit.

Je ne compte même plus les télés laissées sur la rue ou, pire encore, des boîtes de livres abandonnées qui finissent par ramasser l’eau de pluie. Les gens ne se donnent même plus la peine d’aller les porter à un centre de récup…

Communisme vs Capitalisme

Je me relis et je me rends compte que je sonne un peu comme un vieux disque de Karl Marx.

En fait, je n’ai rien contre le communisme. Le « commun » de communisme me convient parfaitement, même si je me débrouille assez bien avec l’accumulation de capital de notre présent système. Mais notre mode de vie et notre façon d’agir, ou de consommer, me font réfléchir. Parfois, je me dis que le système communiste devrait être pour les riches. Les vrais. Ceux qui le deviennent parce qu’ils ont de bonnes habitudes de consommation. Ceux qui respectent leur environnement, leurs voisins, les biens communs. Je me dis que le système capitaliste devrait être fait pour les pauvres. Vous savez, ceux qui dépensent 150% de leurs revenus pour avoir l’air riche et laissent des portes, des télés et des ventilateurs sur le bord du chemin car « ils peuvent » s’en acheter des neufs…

On devrait faire une méga expérience. Au lieu de nous imposer un système économique, on devrait nous donner le choix ou, mieux encore, nous faire passer un test. Vous consommez selon vos besoins, vous respectez vos biens et votre environnement, vous êtes du genre à ramasser un déchet sur le chemin au lieu de jeter vos mégots de cigarettes dans la rue comme si c’était normal, alors vous pouvez passer au système communiste. Vous êtes du genre à vous endetter pour impressionner un voisin, à changer votre voiture aux 2 ans et pensez que vous avez le droit de faire quelque chose simplement parce que vous avez du crédit pour le faire, alors voilà, système capitaliste.

Le plus drôle avec cette expérience est que le système communiste serait nettement plus riche que le système capitaliste. D’ailleurs, on dit souvent que le Japon est le système communiste le plus efficace au monde (!) et que la Chine est le pire des systèmes capitaliste (!). Au final, tout est question d’altruisme…

Altruisme vs Égoïsme Peut-être que le coût de la stupidité humaine finalement se résume aux coûts de l’égoïsme vs l’altruisme. L’égoïsme. Le coût du moi moi moi. J’ai le droit. J’ai les moyens donc je peux me le permettre. Si t’es jaloux, tu as juste à t’en acheter un toi aussi. De belles phrases d’égoïstes qui ne comprennent pas quand on essaye de faire passer un message. Pour la Covid, ce sont ceux qui ne mettent pas de masque parce que ça ne les protège pas … sans se rendre compte que c’est surtout pour protéger les autres, ce qui les protège en retour. Pour la voiture, c’est se plaindre des moyens de transport publics qui ne sont pas efficaces comme excuse pour s’acheter un Lincoln Navigator de 15 tonnes (et un système de transport qui deviendrait efficace s’ils les prenaient plus souvent). Souvent, ce sont ceux qui « profitent » du système pour sauver un peu de temps ou d’argent même si ça coûte cher aux autres.

Je crois qu’on partage tous une personnalité similaire sur ce blogue. Des gens organisés qui ne sont pas « à l’argent » mais qui réalisent la valeur de celle-ci. Des gens conscients de leurs faits et gestes, de leurs impactes sur leur environnement et des conséquences. Je n’ai pas encore croisé un « millionnaire invisible », ou quelqu’un dans un groupe sur le chemin de le devenir, qui agissait de façon égoïste. C’est peut-être un peu plus difficile, mais mieux vaut « s’enrichir » en attirant tout le monde vers le haut que de s’enrichir parce que tout le monde va vers le bas… On peut tous devenir riche. Ce qui est ironique car si on est tous riches, personne ne l’est… Pourtant, il suffit juste de garder un coût bas … soit celui de la stupidité 😉

Budget Head & Shoulders

Faire un budget est un peu mal vu. Malheureusement, plusieurs pensent que ceux qui font un budget le font par obligation et non par choix. On pense que ce sont ceux qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts qui doivent en faire un pour éviter les problèmes. C’est pourtant tout le contraire. C’est un peu comme acheter du shampoing H&S et tout le monde pense qu’on a des pellicules. Comme disait le commercial de 1992, c’est justement pour ne pas en avoir qu’on en achète… et c’est donc pour garder le cap vers l’indépendance financière qu’on fait un budget.

Mon Coming Out Je vais vous avouer quelque chose: dans la quarantaine avancée, je fais un budget depuis seulement 4 ans… Boom ! Ça y est, c’est fait, j’ai fait mon coming out !

J’ai quand même une bonne excuse. Jusqu’à l’âge de 40 ans, je n’avais ni maison, ni voiture, ni enfant (je n’ai toujours ni voiture ni d’enfant, mais bon…). Mes catégories de dépenses se résumaient principalement à trois choses: 1) le loyer, 2) les restos et 3) la SAQ. Peu de responsabilité, facile à gérer, il faut dire aussi que j’ai toujours eu de bonnes habitudes de consommation… du moins, c’est ce que je pensais avant de faire un budget !

Le Commencement

L’idée de faire un budget est arrivée tout à fait par hasard, suite à une perte d’emploi… … bon bon bon, je vous vois sauter aux conclusions. « Le gars perd sa job, il commence à faire un budget… ». Ben non, c’est pas ça pantoute. Voici comment tout a commencé.

Ma firme à l’époque m’avait annoncé en juin qu’il y aurait de grosses coupures à la fin de l’année. On m’avait donné deux choix: 1) attendre en décembre et me croiser les doigts ou 2) prendre tout de suite un « package » assez tentant merci. Comme ma blonde travaillait sur un contrat qui se terminait et qu’on rêvait de partir pour de longues vacances depuis longtemps, j’ai pris le « package assez tentant merci ». On est parti 3 mois en Amérique du Sud avec nos sacs à dos !

C’est en Bolivie, au début de notre périple de 90 jours, que l’idée d’écrire nos dépenses est venue. Avec des hôtels à moins de $15 la nuit (disons plutôt Auberge de Jeunesse), on s’est vite rendu compte que notre voyage nous coûterait probablement moins cher que de rester à Montréal, billets d’avion inclus. Très peu de restaurants, sauf pour l’almuerzo qui ne coûtait rien, on faisait notre bouffe et on voyageait en bus … à nos risques et périls. Nos dépenses s’élevaient à $30/jour en moyenne auxquelles s’ajoutait $20/jour en moyenne pour les billets d’avion. Bref, nous avons dépensé $1,500 par mois, ce qui était moins élevé que notre budget mensuel à Montréal, avant nos frais fixes (frais de condo, taxes, assurances et électricité).

Surpris de constater que voyager aussi longtemps nous revenait aussi peu cher, on s’est demandé ce qu’étaient réellement nos dépenses mensuelles à Montréal, dans quelles catégories on dépensait le plus, et combien pourrait coûter une retraite avec deux voyages de 2-3 mois par année.

La traversée de la mer de sel, Uyuni

Comme le gym

Je n’ai pas détesté l’exercice. À chaque jour, j’écrivais mes dépenses dans 5 catégories: logis, bouffe, vin, activités (livres, cours de langues, etc.) et bus (pour nos nombreux changements de ville). Le bus et les cours de langues étaient les catégories les plus importantes dans ce pays où j’ai perdu 30 livres. La bouffe et le vin étaient les catégories les plus importantes en Argentine où je les ai repris…

Comme j’aime bien les chiffres, je me suis vite rendu compte que j’aimais connaître mon coût moyen pour planifier les sorties et/ou activités. Je savais qu’une grosse dépense allait faire monter mon coût moyen, et ça mettait une perspective pour décider si une activité dispendieuse en valait la peine.

Le premier mois a été plus difficile. Il y avait quelques oublis ici et là et on n’avait pas toujours le goût d’y mettre les 3 minutes nécessaires. Mais, comme pour le gym, la discipline a fini par rentrer…

Mon Budget / Son Budget La façon dont je gère mon budget est très différente de celle de ma femme. Mais le principe est le même. Je commence par établir mon revenu annuel, auquel je soustrais mes dépenses fixes et mon épargne. Ce qui reste est le montant disponible pour mes dépenses variables. C’est mon budget… Les dépenses fixes sont celles que je considère essentielles et nécessaires. Les frais de condo, les taxes, les assurances, l’hydro, le cellullaire et l’internet (j’ai pas d’auto…). De son côté, ma femme s’occupe de l’épicerie. Le montant est environ le même… je pense 😁 Ce montant, ces dépenses fixes, est ce qu’il me faut pour vivre advenant le pire du pire… et c’est environ ce que je dépense depuis le début de l’année compte tenu que le pire s’est matérialisé avec la Covid.

Ensuite, c’est l’épargne requise avant de dépenser, et non l’inverse… il faut établir un objectif réaliste et faire un petit exercice de projection. Rester simple. Depuis le confinement, privé de sortie, j’ai presque atteint mon objectif d’épargne pour 2022…

Après avoir estimé mon revenu annuel, calculé mes dépenses fixes et fixé un objectif d’épargne, je suis prêt à faire mon budget pour ce qui reste, soient mes dépenses variables. Pour ce faire, je me suis fait un tableau Excel fort simple: 13 lignes de dépenses et chaque colonne est une journée de l’année. Dans le bas, montant total vs budget, moyenne par jour pour le mois et moyenne par jour depuis le début d’année. Voilà, c’est mon « dashboard« .

De son côté, ma femme a près de 25 catégories de dépenses … avec autant de sous- catégories. Par exemple, « vêtements » serait trop simple. Il y a le type de vêtement (haut, bas, chaussures, accessoires…). Ensuite, il y a des sous-catégories pour chaque catégorie (achat, réparation, entretien, etc.). Je ris souvent de la complexité de son tableau que seuls les gens comme McSween peuvent comprendre. Pour faire un exemple… disons que vous avez un revenu net de $40,000 par année. Vous avez des dépenses fixes de $10,000 et un objectif d’épargne de $12,000. Vous avez donc un budget de $18,000. C’est $1500 par mois, ou environ $50 par jour. Faites-vous un fichier Excel pour écrire vos dépenses quotidiennes, regardez évoluer votre moyenne et, surtout, respectez-là ! Le pire, c’est quand on commence ça, ça finit par être le fun, comme un jeu (peut-être que je suis juste ben ben bizarre…).

Avantages et Inconvénients Commençons avec les inconvénients. Ou avec l’inconvénient… le temps. C’est tout. Je n’ai pas trouvé aucun autre inconvénient que les 30 secondes que ça me prend chaque jour, avant, pendant ou après un brossage de dents. Donc si vous regardez une émission quelconque avant les nouvelles, profitez de la pause commerciale pour rafraîchir votre tableau Excel. Et il y a assez de pauses commerciales en 10 minutes pour faire 3 budgets… Les avantages par contre sont nombreux. Premièrement, comme je sais exactement combien je dépense à chaque mois, les projections sont plus faciles. Que ce soit pour savoir quel montant j’aurai de côté dans 6 mois ou pour partir un autre 3-4 mois en voyage avec mon sac à dos, je sais presqu’à la cenne près l’argent dont j’ai besoin.

Un autre avantage: les économies liées aux dépenses qui passaient autrefois inaperçues. Un bon exemple, dans mon cas, le café. À $5 le café du gentil barista du coin, 2 fois par jour, on réalise vite que ce petit plaisir coupable devient une de nos dépenses mensuelles les plus importantes. Juste diminuer à 1 seul café fait économiser environ $100 par mois. Imaginez si on coupe le vin… mais n’allons pas là ! Les économies forcées sont un autre avantage. Quand on sait ce qu’on dépense par mois et qu’on approche ce montant au 15e jour du mois, on a tendance à lever le pied pour les prochains 15 jours. Aussi, si une dépense menace de faire passer notre moyenne mensuelle au-dessus d’un niveau psychologique, alors on y pense deux fois avant de l’acheter (on se pose la question « en a-t-on vraiment besoin » ?). Par exemple, si on est à la fin du mois et qu’on est à, disons, $43/jour en moyenne, on y pense deux fois avant d’acheter un nouveau super jeans à $300 sachant que notre moyenne va augmenter de $10/jour ($300/30jours) et la faire passer au-dessus du seuil critique de $50. Bon, peut-être pas dans les premiers mois, mais quand faire un budget devient un jeu maladif, alors croyez-moi, on y pense. Autre avantage du budget, pouvoir se faire plaisir, sans culpabilité. Si vous avez été frugal pendant quelques mois et êtes en avance sur votre budget, vous avez une marge de manœuvre pour vous faire plaisir. Par exemple, disons que votre moyenne quotidienne pour l’année à la fin juin est de $35, nettement sous votre budget de $50. Début juillet, si vous voulez vous offrir quelque chose qui vous fait vraiment plaisir, mais une folie qui coûte $1800… vous savez qu’en juillet $1800 représente environ $10/jour. Vous allez défoncer votre budget pour juillet, mais votre moyenne quotidienne annuelle, elle, passera de $35 à $45 par jour, toujours sous votre limite de $50 par jour. Pour moi, le plus gros avantage d’un budget est de vivre sans stress. Surtout après avoir respecté le budget et avoir atteint l’objectif d’épargne annuel pendant des décennies. Le revenu est plus élevé (merci aux intérêts composés), on gère notre budget plus facilement, on a adopté de bonnes habitudes, donc le stress des obligations financières est loin derrière nous.

Mes Bizarreries Ma façon de faire un budget est quand même un peu bizarre. Je pourrais me contenter de faire comme l’exemple ci-haut, mais je fais plein de manipulations financières dignes de Bernie Madoff. Premièrement, je fais une comptabilité de caisse. Si je reçois une carte cadeau Rona grâce à mes points sur ma carte de crédit, alors les achats faits sur cette carte ne sont pas comptabilisés dans mes dépenses quotidiennes. Ma blonde trouve que je triche un peu. Pour moi, tant que ce n’est pas de l’argent qui sort directement de ma poche… Ensuite, j’arrondis aux $5 près à la hausse . Si je dépense $43.75 une journée, alors c’est $45 que j’inscris au livre. Bon, des fois je triche et arrondis à la baisse aussi, mais c’est rare… Enfin, si je dépense moins de $10 par jour pour un mois donné, alors j’inscris une dépense dans la dernière journée du mois pour que ma moyenne donne $10/jour pour ce mois, et inscris un crédit du montant de cette dépense dans le début du mois courant. Par exemple, si j’ai dépensé $8/jour en moyenne en avril ($240), alors j’inscris une dépense de $60 le 30 avril dans la catégorie « autre », ce qui me donne $300 de dépenses en avril ($10 par jour), mais inscris -$60 le 1er mai. Je commence le mois avec une marge de $60. Là ma blonde trouve que je triche beaucoup, mais je ne fais que me donner une carte cadeau en « pré dépensant » quelque chose… Comme je ne dépense que $8.00 par jour depuis le début de la Covid, il y a 100 jours, alors que j’inscris $10/jour, j’ai un « head start » d’environ $200 pour juillet !

Aucun Budget ! Après des décennies de bonnes habitudes de consommation et d’épargne, je ne fais plus de budget… façon de parler. En fait je triche… encore. J’inscris dans mon budget un revenu beaucoup plus bas que mon salaire actuel. Je ne compte pas non plus mes revenus de placements qui augmentent d’année en année. Trop conservateur ? Peut-être. Mais sans besoin d’épargner davantage, je ne vois pas le besoin de dépenser ce qui pourrait être inscrit. Et puis les choses peuvent changer, autant prévoir le pire tout de suite … C’est quand même assez intéressant de ne pas avoir à respecter un budget … sachant qu’on le respecte, par habitude. C’est tellement libérateur de ne pas craindre de ne pas pouvoir payer une facture en fin de mois. C’est hyper rassurant de savoir qu’on peut faire face à une situation imprévisible, sans devoir changer nos habitudes. Si vous voulez vivre un jour sans devoir faire un budget, il faut commencer à en faire un tout de suite ! Le plus tôt vous prenez le contrôle sur vos dépenses et épargnez, le plus vite vous aurez l’impression que votre compte de banque augmente à vue d’œil, sans effort … et ce ne sera sûrement pas juste une impression. Bon budget à tous… et « amusez-vous » !!!

Mes 10 Conseils pour Économiser

Tel que mentionné dans mon blogue « Vendre des Frites », il y a trois façons d’augmenter le profit d’une compagnie ou, pour raison de ce blogue, ses épargnes. On a beau travailler fort pour augmenter son revenu ou ses sources de revenus, la réduction des dépenses est l’élément dont on a le plus de contrôle. C’est la méthode qui, pour moi, et bien des millionnaires invisibles, a fait la plus grande différence sur le chemin de l’indépendance financière. Alors, sur ce, je pensais vous écrire 10 trucs de « millionnaires » pour économiser.

1. Arrêter de magasiner

Ça peut paraître drastique comme solution, mais c’est rendu qu’on fait du shopping sans même s’en rendre compte. Il n’y a pas que le lèche-vitrines pour se laisser tenter…

Quand j’étais plus jeune, voir même juste jeune, le centre d’achat était le point de rencontre des amis. C’était en quelque sorte le Facebook des années ’90 où on se rencontrait, où on échangeait les potins et où on prenait conscience des marques de vêtements qui étaient populaires. Tout comme déambuler sur la Main ou la St-Cath, le lèche-vitrines était une activité qui nous incitait à la consommation, car on se comparaît aux autres et on s’éduquait sur ce qui était « in » ou « out ». Si je pouvais revenir dans le temps, alors que j’étais en appartement pour la première fois et mangeait du Kraft Dinner 3 fois par semaine, je n’achèterais pas de jeans et chandails au centre d’achat mais je les prendrais au Magasin du Chaînon…

Aujourd’hui, bien assis dans mon salon, je n’ai qu’à ouvrir Pinterest pour me faire suggérer des souliers qui iraient bien avec mon dernier jeans, ou des ceintures pour « matcher » la couleur de mes chemises. En plus, Pinterest semble savoir par cœur ce qui se trouve dans ma garde-robe. Cet hiver, j’ai acheté une paire de bottes Aldo en ligne car il n’y en avait plus en boutique. Ce qui est génial, j’ai commandé en tout 3 paires et gardé celles qui m’allaient comme un gant (expression curieuse, j’ai jamais mis de gants dans mes pieds). La mauvaise nouvelle, je reçois maintenant 1 à 2 courriels par jour sur les nouveautés d’Aldo et les offres à ne pas rater (!).

Dans le métro ou au café du coin, je vois les jeunes faire du lèche-écran (je pensais avoir inventé l’expression, mais non…) sans arrêt. Même en marchant sur la Main ou la St-Cath, on ne lèche même plus les vitrines, mais les écrans. Sans arrêt. Comment peut-on prendre le chemin de la simplicité volontaire quand on consomme les publicités de son plein gré ? On est comme les oies gavées, on en redemande encore. Bref, appuyez rapidement sur « se désabonner » suivant chaque achat en ligne et ajoutez un minuteur mensuel sur Pinterest !

Pire encore -je rajoute ce petit paragraphe sur un article écrit avant la pandémie- sont les gens gens qui « n’en peuvent plus d’attendre » pour aller magasiner. Incroyable. On demande aux gens de rester à la maison et garder ses distances pour ne pas transmettre un virus foudroyant pour les personnes âgées, on ne peut même plus sortir ou aller au resto, et pauvres eux, ils n’en « peuvent pu d’attendre » pour aller dépenser de l’argent…

2. Vivre sous ses moyens

On ne le dira jamais assez souvent. C’est le truc le plus simple, mais aussi le plus banal. Celui qu’on ne veut plus entendre … Booorrriiinnnggg !!!!!

Pourtant, la façon la plus répandue pour gérer ses finances personnelles semble être celle de voir si « on arrive » à la fin du mois. S’il reste un surplus, alors on trouve les moyens d’upgrader pour du plusse mieux, ou du plusse gros. J’entends souvent l’expression « Je gère bien mes choses ». Elle est dite seulement parce que la personne en question arrive à joindre les deux bouts 3 mois sur 4. Cette personne ne se demande jamais ce qui pourrait être coupé pour économiser plus, non, elle se demande ce qu’elle pourrait acheter parce qu’il reste « encore » de la place …

On semble avoir beaucoup de problème à accepter que nos moyens ne soient pas aussi élevés qu’on voudrait. Surtout, on ne semble pas prêt à donner l’impression aux autres que nos moyens soient moins élevés qu’on voudrait … Qu’est-ce que les autres vont dire ? On préfère vivre au-dessus de nos moyens pour donner l’impression qu’on est au-dessus de nos affaires, mais dans les faits on est noyé de dettes et on court après notre souffle avant de replonger plus creux… Quand j’entends l’expression « aie, lui ça marche ses affaires », mes dents grincent. On regarde ce que les gens dépensent pour juger de leur situation financière. Plus ils dépensent, plus on pense qu’ils ont du succès. Le monde à l’envers. Pourtant, le meilleur conseil financier que j’ai eu dans ma vie était à ma première job comme courtier en valeurs mobilières. Je voulais dont être comme les autres bankers. Grosse maison, grosse BMW. Mon patron de l’époque m’avait dit « Fais pas comme les autres. Achète pas de tape à l’œil et vie avec la moitié de ton salaire. » Ce fut le seul conseil qu’il m’a dit avant d’aller en prison, mais quand même.

Conseil de riche : faites-vous un budget, respectez-le. Surtout, tâchez d’oublier les autres.

3. Prendre soin de ses choses ‘Des fous, sont sautés sua coche, complètement capotés’. Je suis certain que plusieurs disent ça de ma femme et moi ! Je les comprends presque …

On prend tellement soin de nos choses que c’en est presque maladif ! Je l’admets, mais ma femme n’est pas d’accord. C’est juste ben normal selon elle !

C’est vrai qu’on travaille fort sur notre condo, on fait tout nous-mêmes. En plus, on a habité dans un endroit où, culturellement, on ne marche pas dans les maisons avec nos chaussures. Donc notre plancher en bois franc qu’on a enlevé et reposé nous-mêmes, tout le monde est au courant pis ben tanné d’en entendre parler. Bref, personne, mais absolument personne, ne marche en souliers chez nous. Le pape nous ferait une visite surprise et je vous jure qu’il enlèverait ses Pape-Chaussures avant d’entrer. Il ne faut pas abîmer nos planchers !

Mes chaussures de cuir qui sont rendues vintage ? Entretien 101. Nos vêtements ? Aucune sécheuse car c’est pas bon pour les fibres. Mais au moins maintenant on passe pour des écolos, donc ça va.

Si vous entretenez vos choses et que la durée de vie augmente de 20%, et bien c’est … 20% d’économie !

C’est la même chaussure !!!

4. Usez-les à la corde !

Ça peut ressembler au point ci-dessus, mais c’est une coche de plus. Par exemple, mes chaussures. J’en prends soin. Mais en plus, j’attends que le cuir soit rendu aussi mince qu’une feuille de papier avant de m’en départir.

Prenez l’ordinateur portable de ma femme. Elle en prend soin c’est sûr et certain. Par contre, il est tellement vieux (acheté en 2008) ! Il fonctionne encore avec Windows XP et a moins d’un meg de mémoire vive. Ça prend 2 heures avant de télécharger la page de LaPresse et son écran tient en place juste parce qu’il est adossé sur sa tasse d’eau chaude. Au moins, une bonne raison de pas traîner sur Facebook …

Un collègue me demandait souvent pourquoi je ne changeais pas mon ordi à la maison ou mon vieux cellulaire (je suis toujours 2-3 versions en retard). La réponse est pourtant toute simple … parce qu’il fonctionne encore sans-dessein ! Me semble que c’est pas ben ben difficile à comprendre !

Tant que je peux texter ou appeller, du pareil au même !

5. Faire des choses soi-même

Le premier article de blogue du Millionnaire Invisible. Je vous invite à la relire. Il y a tellement d’anecdotes à raconter… que ce soit pour rénover ou réparer, appeler GoodFood au lieu de cuisiner, payer quelqu’un pour faire le ménage, les exemples ne manquent pas.

Juste pour des choses simples comme, par exemple, payer un valet pour garer sa voiture ou même, pire encore, payer quelqu’un pour vous ouvrir la porte. Vous pensez que j’exagère ? Et bien non. À chaque fois que je suis pour affaires à New York ou Chicago, je me bats avec le valet qui veut monter ma valise de 3 livres à ma chambre pour moi. Un instant mon valeureux valet, $2 c’est $2. Pire encore, vous sortez de l’hôtel et le valet veut vous appeler un taxi qui est … en face de l’hôtel. Aïe, wow chose, je peux le faire moi-même … en plus, tu passes pour un cheap si tu donnes juste $1 … et il n’y a rien de pire pour un frugaliste que de passer pour un cheap ! Je trouve ça juste ben stupide de donner $1 pour quelque chose que je peux faire moi-même, mieux, et qui ne prend que 2 secondes… car, voyez-vous, $1 pour 2 secondes, ça fait quand même $1800 de l’heure (!). Il y en a qui sont très bons avec ça, se faire servir. Mais pas moi, et c’est une de mes plus grande source de revenus « d’opportunités ».

6. Anticiper ses besoins

Que ce soit à l’épicerie ou à la pharmacie, anticiper ses besoins permet d’acheter des choses qu’on aura de besoin sous peu à des prix avantageux.

À une certaine époque, j’achetais de quoi faire mon souper le soir même en revenant à la maison. Souvent, je rencontrais des amis par hasard, et après un verre de trop plus tard je finissais au restaurant avec mon sac d’épicerie rempli de choses payées trop cher. Dans ce sac, des articles comme un pot de beurre de pinottes payé $5 alors qu’il était en spécial la semaine d’avant à $2.50, ou du jus d’orange à $2 le litre alors qu’il était en spécial à $0.75 à peu près à tous les jours … sauf celui où je l’ai acheté.

Ma blonde est bonne là-dedans. On reconnaît la gestionnaire de projets. Sans avoir à acheter un an à l’avance et devoir louer un entrepôt ou stocker le garage jusqu’au plafond, bien prévoir ses besoins permet de sauver de 25% à 50% sur une multitude de dépenses nécessaires. Circulaires.ca et Reebee sont probablement les points de départ de toutes ces économies.

Le côté négatif de cette habitude ? On est souvent à pied donc … comment vous dire … quand on va au théâtre, par exemple, et que ma blonde me rappelle qu’il y a un spécial sur les oignons ou les patates chez IGA en chemin, ben disons c’est pas trop chic d’arriver dans la rangée C sièges 5 et 7 avec une poche de patates sous le bras… mais que voulez- vous, on se fout des qu’en dira-t-on !

7. Rechercher la qualité, pas juste les prix ! -Ratio Q/P-

Souvent, acheter de la qualité est mieux qu’acheter du pas cher. Je ne suis pas du genre à payer cher pour une simple marque de commerce, mais définitivement prêt à payer le prix pour de la qualité si je juge que l’achat en question va me sauver plusieurs achats…

Par exemple, je me rappelle qu’un ami italien me disait « En Italie, les riches achètent des vêtements de marque et les changent à chaque année. Les plus pauvres achètent un bon habit sur mesure et le gardent toute leur vie »… Bon, je me demande si cet ami n’a pas mélangé les riches et les pauvres car je crois fortement que ce sont les plus pauvres qui achètent plein de marques pour passer pour des riches, mais bon, je comprends son analogie. Comme pour mes chaussures haut de gamme que j’ai encore après plus de 2 décennies, mes habits sont sur mesure, les tissus sont par Loro Piana. Ils ont coûté cher au début, mais après plus de 10 ans, je les ais encore … une chance que j’en porte moins souvent, car, malheureusement, « mes mesures » commencent à changer !

Bref, tout ça pour dire que pour justifier un achat qui coûte cher, je ne me dis pas « fais-toi donc plaisir » mais plutôt « ça va durer longtemps… ».

Armani « off the rack » ou « sans marque sur mesure… »

8. Payer moins

Ça peut ressembler au point 7, mais disons que c’est une étape de plus. Une fois votre ratio Q/P trouvé, rien ne vous empêche de travailler un peu plus sur le P…

Bon, c’est certain que si vous passez des heures à essayer de dénicher ou à négocier pour sauver $1, c’est peut-être des économies de bout de chandelle (article à suivre !), mais ce cadran à $50, pouvez-vous le trouver ailleurs à $35 ? Ce lit à $750, est-il à $550 chez le compétiteur ?

L’internet a quand même de bons côtés. On peut Googler facilement et avoir le prix juste rapidement… en autant que les autres applications n’incitent pas à acheter davantage !

9. Regarder les options

Paris, au Jour de l’An ? On pourrait peut-être penser à un autre endroit, ou une autre date ?

Hôtel 4 étoiles… ou juste un 2 ?

Télé intelligente 55 pouces … ou télé 55 pouces ben niaiseuse ?

Il y a toujours plusieurs options quand on fait des choix. Des fois, peser les « pour » et les « contre » nous aide à faire le bon choix. Pour certains achats, on croit faire le bon choix avec l’objet qui nous en donne plus, mais est-ce trop pour nos besoins ? Souvent, une alternative moins chère peut tout aussi bien faire le travail. Il faut explorer et identifier les biens complémentaires.

Bon, loin de vouloir vous inciter à changer votre beurre pour de la margarine, ou votre bœuf pour du tofu, il y a de bonnes économies à faire avec des alternatives. Le voyage est un bon exemple. Que ce soit pour le lieu ou pour le moment choisi, il existe plusieurs options. Pour le resto même chose. On n’a qu’à penser à la différence de prix entre le menu du midi ou du soir… encore là, on n’a qu’à penser à la différence entre un restaurant français réputé et un restaurant de quartier. Voulez-vous faire une simple sortie, ou essayer un restaurant en particulier ? Pouvez-vous faire payer le bureau en y emmenant un client potentiel ? (celle-là est ma stratégie préférée … non mais, tant qu’à faire?!? 😊). Mais la meilleure option ? Faire son lunch. Bon, je suis gâté, ma compagnie fournit les déjeuners et les lunchs. Mais à une certaine époque, ouch ! Une étude démontre qu’un ménage américain dépense en moyenne $3,000 pour les lunchs au resto. En plus, ça doit être les mêmes personnes qui dépensent $2,500 en café par année …

Tiens, une alternative intéressante : acheter usagé. Ce qui m’emmène à mon dixième et dernier point …

10. Ne rien jeter

Certains diront qu’ils ne jettent rien car, un jour, ils en auront sûrement de besoin encore et, donc, le garder signifie économiser. Mon beau-frère est une de ces personnes. Il a plusieurs propriétés à revenus et tous les garages de ses propriétés sont pleins à craquer d’objets qu’il ne peut se départir. En fait, c’est très pratique. Si j’ai besoin d’une vieille poignée de porte pour mon condo centenaire, ou même d’une porte, il en a une quelque part !

Par contre, même si je profite de la caverne d’Ali Baba du beau-frère, je suis contre cette accumulation inutile. Mon point 3 (« prendre soin de ses choses » ) n’est pas une excuse pour garder inutilement quelque que chose dont on ne se sert plus. Cet objet fera sûrement l’affaire de quelqu’un d’autre …

Non seulement l’objet en question fera l’affaire de quelqu’un d’autre, vous pourrez en tirer un revenu. Revendre un objet, c’est en quelque sorte réduire son prix d’achat, donc faire des économies. Si l’objet est en bonne condition, il se vendra plus vite. Je vous jure, on achète tout sur Kijiji. J’en sais quelque chose

Acheter usagé c’est, pour certains, faire sa part pour l’environnement. Pour d’autres, c’est l’occasion de payer moins cher. Il y a plein de raisons pour acheter usagé, mais en vendant un de vos biens usagés à quelqu’un d’autre, vous faites des économies, vous aidez quelqu’un à faire des économies, et vous aidez l’environnement. Un win-win !

Alors voilà, mes 10 petits conseils pour économiser…

… et vous allez voir, ça devient vite une habitude … ou une maladie. Mais au bout du compte, si vous consommez moins et pour moins cher, si vous prenez soins de vos choses et les gardez plus longtemps, si vous êtes capable de les recycler, de les faire vous-même ou de les revendre, vous allez voir votre compte de banque faire un bon pas dans la bonne direction ! Finalement, êtes-vous prêt à avoir l’air pauvre pour être riche 😂

Constat de Pandémie

Force est de constater que la pandémie qui nous affecte fait remonter bien des choses à la surface. Pour nos habitudes tout comme pour nos styles de vie, il y a eu, ou il y aura, beaucoup de changements. Voici quelques constats des résultats de cette crise qui nous affecte tous, d’un point de vue financier, mais avec une pointe d’ironie.

Les Coûts Fixes

La première chose qui me vient à l’esprit concerne les coûts fixes de notre style de vie. Il n’aura fallu que quelques semaines de confinement pour bouleverser nos vies comme jamais depuis la deuxième guerre mondiale. Le premier cas de Covid-19 au Québec a été annoncé le 28 février. Quelques semaines suivant la mise en place des restrictions, certaines personnes ne pouvaient déjà plus payer leur loyer. Comment sommes-nous arrivés là ?

Qu’est-il arrivé au fonds d’urgence ? Comment ne pouvons-nous pas payer le loyer d’avril, ou une partie, quand on perd son travail la troisième semaine du mois de mars ? Comment avons-nous décidé que $2,000 était le montant requis pour aider les gens ?

Mes premiers constats: 1) les gens sont irresponsables. Comme pour la cigale et la fourmi, je ne peux pas croire que nous vivons tous autant au jour le jour et 2) les gens ont des coûts mensuels fixes beaucoup trop élevés. Une maison trop grosse, une voiture ou deux, des abonnements à gauche et à droite. On ne peut pas arrêter de travailler deux minutes car il faut payer tout ça !

Pour les cigales, je m’en doutais un peu. Mes voisins, les Bidochons, en sont un parfait exemple. Le garage, qui ne leur appartient pas, est plein à craquer. Boîte de machine à café haut de gamme, valet à peinture, valises qui ont pris l’humidité, boîtes de livres et de jeux toutes aussi humides, hamac trop grand pour la terrasse… bref, un musée pour faire hommage aux « on dépense plus qu’on gagne » de ce monde, qu’on pourrait aussi appeler le « Musée J’en Profite ». Bien sûr, ils ne peuvent plus payer leur loyer et le propriétaire est en beau maudit. Au moins, la bonne nouvelle, c’est que mes Bidochons se tiennent maintenant hyper tranquilles. Ils veulent passer inaperçu, ils restent dans leur appartement sans sortir ni faire de bruit. On peut donc enfin dormir les fenêtres grandes ouvertes en ces temps de canicule, sans craindre de les entendre parler sur la terrasse à 2 heures du matin, ce qui est fort apprécié.

Je remarque quand même que, comme pour mon Bidochon qui paye trop cher de loyer, le problème principal consiste en des dépenses fixes trop élevées. Je reviens souvent à ce sujet, mais je ne pouvais m’empêcher de regarder toutes ces voitures, pendant mes marches quotidiennes -recommandées par le Docteur Arruda- qui accumulaient de la poussière dans ces rues désertes du Plateau. Ces voitures qui sont utilisées uniquement pour changer de côté de rue, et qui nécessiteront des réparations pour avoir été immobiles si longtemps. C’est certain que pour ceux qui ont une grosse hypothèque et un gros char, la crise frappe fort. Lors d’une ballade en Bixi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, déjà en avril, des pancartes encourageants « la grève aux loyers ». Ha ! Ces propriétaires verreux qui osent nous demander un loyer, et toutes ces banques qui profitent du prolétariat…

Hochelaga Maisonneuve: les banques doivent payer, évidemment …

J’ai imaginé deux scénarios. Scénario 1: prenez quelqu’un qui gagne, disons, $4,000 net par mois. Il a un loyer de $1,600 par mois, $250 de câble, internet et cellulaire, $50 d’assurances, $100 d’hydro et, disons, $1,000 pour deux SUVs, tout inclus. Il faut aussi manger, ajoutons $400. Donc des coûts fixes de $3,400 sur $4,000 de revenus. Un ratio de 85%. Il ne lui reste que $500 pour sortir avec des amis, aller au théâtre, planifier un voyage, faire face à des imprévus (les dents, ça coûte cher!), et, surtout, économiser (!). Scénario 2: un autre individu fait le même revenu. Il a un plus petit loyer, disons $1,200 par mois, seulement $50 en électricité, $75 pour internet et son cellulaire (pas de câble), $25 d’assurances et pas de voiture mais, disons, $250 en transport et $400 pour manger. Donc $2,000 de dépenses récurrentes sur $4,000. Soit un ratio de 50%. Il lui reste $2,000 pour passer le mois… On voit immédiatement celui qui peut passer à travers un imprévu plus facilement. Son fonds de réserve n’a pas besoin d’être aussi élevé. Ses « récompenses » sont ajustables. À moins de tirer un réel plaisir à regarder sa voiture dans le stationnement, il peut dépenser là où il en retire le plus de bonheur. De plus, je m’étais promis de ne plus rien écrire sur Warren Buffet suite à mon blogue « Vendre des Frites« , mais une de ses phrases célèbres tombe à pic: ‘n’économisez pas ce qu’il vous reste après avoir dépensé, mais dépensez ce qui vous reste après avoir économisé’. Dans mon graphique « coûts fixes », on constate rapidement qu’il est plus facile d’économiser avec un faible ratio « coûts fixes/revenus ».

Un coût fixe élevé ne procure aucune marge de manœuvre. Certes, on épate le voisin en changeant de voiture aux deux ans. On épate des connaissances en habitant un château. On travaille fort pour payer ses cartes de crédit. Le FOMO a un coût, dont le coût d’opportunité qu’il ne fait pas négliger. Mais surtout, avoir des coûts fixes bas permet de vite revenir sur ses jambes quand survient un imprévu…

Annonces Télé et Magasinage On ne regarde pas beaucoup la télé, mais j’ai vite remarqué que les publicités de voitures et de Pickup King Cab -avec la grosse voix du gars de construction- avaient arrêté. Bon, j’étais ben ben tanné de revoir la même annonce de La Capitale encore et encore, comme si on était en Russie en 1975 et qu’il n’y avait qu’une seule compagnie, mais les pubs de chars… Est-ce moi ou il y a encore du monde qui croit que 1) la voiture est vendue au prix du fabriquant, 2) qu’elle est vraiment financée à 0% d’intérêt, 3) qu’on offre réellement un congé de 3 mois sur les paiements, ou que 4) on donne une troisième chance au crédit ??? Bref, la Covid m’aura au moins donné une pause commerciale de F150 qui s’adresse aux botcheux de la construction se prenant pour des entrepreneurs et qui ne savent pas compter.

Quoi dire du magasinage. Déjà que je suis choqué quand je vois 10 Bidochons glander au Parc Lafontaine sur une serviette qui ne fait même pas deux mètres. Quel manque de considération pour ceux qui respectent les consignes. Mais que dire de ceux qui traversent le pont pour aller « magasiner » dans une région où tout est ouvert car « on ne pouvait plus attendre… ». Vraiment ? Quand, dans un proche avenir, on va regarder des photos de cette pandémie qui a fait, à ce jour, près de 400,000 morts, au lieu de voir des gens s’entraîder, on va voir Raymond pis Ginette en ligne chez Addition-Elle pour acheter des vêtements car ils ne sont plus capables d’attendre pour acheter des vêtements ?!? (je m’excuse pour les Raymond et Ginette, noms fictifs 🙂 ). On a demandé à mes grands-parents d’aller se faire tirer dessus par des Nazis pour sauver notre pays. Là, tout ce qu’on nous avait demandé, c’est de regarder la télé pendant 3 semaines pour éliminer la contagion. J’aurais jamais pensé que c’était trop demander…

Un peu « too much » ?

Les Ruelles sont Pleines ! Je vous avait déjà dit combien j’étais un fan fini de Kijiji et que j’étais sûrement souvent le vendeur du mois. Avec ce confinement, le grand ménage est de mise et les ruelles sont pleines. Jamais je n’ai rapporté autant d’objets dans mon garage. Nous quittons pour une ballade Bixi dans les ruelles que nous adorons, et hop, nous revenons avec des meubles en parfait état. Bon, je m’excuse pour ceux qui y avaient mis des meubles temporairement pendant le ménage et qui ont réalisé que quelqu’un était parti avec, mais pour les autres, un gros merci. Des escabeaux en bois, « antiques », qui se vendent près de $100, des barbecues dont on se débarrasse pour « upgrader » et qui se vendent comme des pains chauds sur le web. Des articles de rénovation, comme des 2×4, qui valent leur pesant d’or ou avec quoi je termine mon garage, sans frais. Bref, des trouvailles qui agrémentent mes journées tout en bonifiant mon portefeuille, pour très peu d’effort.

Perdre du Poids

Je constate aussi une autre chose. On n’a pas tous le même rapport avec la nourriture. Perso, j’ai perdu près de 10 livres depuis mars. Pas parce que je ne sais pas cuisiner et me retrouve à manger du Kraft Dinner, non, mais parce qu’au bureau les petits déjeuners et les lunchs sont payés par l’entreprise. Un resto différent à chaque repas. Crêpes, gaufres, bacon et saucisses pour le déjeuner, de l’Indien, du Thai ou du Libanais pour le lunch. En plus, on rapporte les restes… mais depuis qu’on travaille à la maison, la cuisine est différente. On mange bien, on mange frais. Même si on mange parfois un peu trop ou qu’on se permet un verre de rouge qui tâche avec les pâtes du midi, on perd du poids. Manger au resto, c’est pas toujours bon pour la ligne, ou pour le budget…

Mais le plus surprenant est le nombre de boîtes de prêt à manger qu’on retrouve le mardi matin dans la rue, journée de la récup. On est fier d’être rendu à un sac de récup aux deux semaines. Mais cette fierté s’est rapidement estompée quand on a constaté qu’on est probablement les seuls à faire un effort. Good Food, Miss Fresh, Cook It, Name It… et dire que l’annonce me vient en tête: « des bonnes pâtes du restaurant »… comme si faire bouillir des pâtes 7 minutes nécessitait 5 boîtes d’emballage, 20 sacs de plastique et 4 morceaux de styrofoam pour « garder frais ». Multipliez par 5 repas, et ce pour les trois étages des triplex de ma rue, et on dirait Naples pendant la grève des déchets.

Cheveux dans le vent

Je viens aussi de m’apercevoir que je pouvais me couper les cheveux. Bon, c’est certain que devant un miroir ça passe, je n’ai pas tous les angles et je porte probablement le « Mullet » avec fierté sans m’en rendre compte…

Mais honnêtement, à environ $30 par mois, c’est prêt de $400 par année de sauvé. Ce sera bientôt le prix d’un billet d’avion Montréal-Paris…

Je vous jure, le look est parfait …

Ceux qui s’en sortent

Je suis pu capable d’entendre « ça va bien aller ». Mais, hormis attraper la Covid (et je ne le souhaite à personne), les gens travaillants et organisés semblent très bien s’en sortir. Comme toujours. Pour ceux qui pensent qu’être un millionnaire invisible c’est plate car on « se prive » et qu’on est « juste à l’argent », alors cette situation démontre bien ce qu’est notre vie en général. On ne cherche pas son bonheur dans l’accumulation de biens. On n’a pas besoin de comparer ses avoirs pour se valoriser. Les millionnaires invisibles passent inaperçus dans la rue. Et comme je le dis souvent, vivre « stress free », ça n’a pas de prix.

Le beau temps est arrivé. On peut prendre de belles marches ou faire du Bixi (et faire de belles trouvailles). Et, surtout, on n’aura jamais eu autant de fleurs sur nos balcons. Je souhaite donc que vous ayez réussi à garder un ratio coûts fixes/revenus assez bas. Que vous avez eu la sagesse d’avoir un fonds d’urgence car les fourmis auront sûrement à repayer un jour pour nos cigales, soit par une hausse de taxes ou soit par l’inflation. J’espère également que mon blogue « mécanique des marchés » vous a aidé. On est déjà beaucoup plus haut que je pensais dans le S&P500. Mon évaluation est un peu plus basse que le niveau présent, mais autant pour cette hausse que pour la baisse récente, à cause de tout cet argent injecté par nos gouvernements et nos banques centrales, la visibilité (sur les revenus des entreprises) en est durement affectée. J’avais un autre article de prévu avant celui-ci, « 10 trucs pour économiser ». Il était prêt à partir, mais je ferai suivre dans 2-3 semaines ? Bonne semaine à tous. Je vous souhaite de la discipline, surtout ces temps-ci.

Gros Macro

Malgré une passion pour l’architecture, j’ai fait mes études en économie. Il faut dire que j’aimais aussi les marchés boursiers et c’est le film « Wall Street« , sorti en 1987 alors que j’avais 15 ans, qui a tracé mon avenir. Pourtant je ne suis pas un analyste. Je suis bien le dernier à discuter des résultats de Microsoft, ou du ratio d’endettement de Bombardier. Je trouve aussi les microéconomistes d’une naïveté académique incommensurable avec leurs formules mathématiques des courbes d’offre et de demande pour fixer notre prix et trouver un point d’équilibre. La macroéconomie, par contre, où l’on regarde le « big picture« , soit les tendances globales et les interactions avec les autres écosystèmes, j’adore ça. Contrairement aux actions, j’aime les indices boursiers qui fluctuent en fonction des données macroéconomiques et avec lesquels on essaie de prévoir les prochaines tendances. J’en ai fait une carrière. Que voulez-vous, je suis un gros macro !

Surplus Quand j’étais petit, j’avais vite compris que quand on dépense moins qu’on gagne, on économise. Ensuite, que ces économies pouvaient être investies et que ces investissements produisaient une deuxième source de revenus. Déjà, je trouvais que même une petite source de revenus était nettement mieux que de payer des intérêts à quelqu’un d’autre.

Par la suite, je me suis mis à imaginer ce qui pourrait se passer si on appliquait ce principe au niveau macro. Qu’arriverait-il si le Québec, son gouvernement ou l’ensemble des citoyens, dépensait moins qu’il ne gagnait ? J’essayais d’imaginer le système bancaire. Est-ce que le Québec pourrait être un pays créditeur et en tirer une deuxième source de revenus ? Est-ce que le gouvernement, au lieu de collecter des taxes, pourrait un jour redistribuer des dividendes aux citoyens ?

La voiture (encore…) Parfois je me promène dans les rues étroites du Plateau. Petits commerces sympathiques, petits cafés ici et là, on vagabonde d’une boutique à une autre. On saute sur un Bixi pour faire 4 rues ou on saute dans le métro pour changer de quartier en 5 minutes. Pourtant les rues sont pleines de voitures garées d’un bout à l’autre. Des voitures qui ne bougeront pas, pour la plupart, du lundi au vendredi. Je regarde ces voitures et tout ce que je vois, ce sont des gens qui dépensent inutilement $1,000 par mois pour avoir « leur » char. Imaginez si vous deviez payer votre voiture à travers un parcomètre. Chaque jour, disons de 9 à 5 du lundi au vendredi (donc environ 180 heures pour le mois), il faudrait aller mettre $5.50 à toutes les heures dans le parcomètre pour payer son char, même s’il est complètement immobile. Depuis notre confinement lié au coronavirus, je vois des voitures immobiles depuis des semaines et qui ne servent qu’à accumuler de la poussière. Mais il faut quand même continuer de les payer…

Comme je considère la voiture comme la pire des dépenses, je me dis aussi que c’est une sortie de fonds massive pour l’économie du Québec. On vend de l’acier en Asie à $500 la tonne et ils nous revendent des voitures qui restent immobiles 95% du temps à $20,000 la tonne. Ça c’est une vraie sortie de fonds …

En gros

Mais il n’y a pas que les voitures. Prenez par exemple la nourriture. Seulement 10 compagnies contrôlent la majorité de ce que vous consommez. Pepsi, Nestlé, Danone, Kellog, Unilever … aucune n’est québécoise.

Pour la techno, même sorties de fonds. Apple, Samsung, Microsoft et autres. Très peu de nos dépenses en tech restent au Québec.

On pourrait aussi protéger le secteur de la construction, du moins la partie matériaux, en revenant aux sources. Comme je le disais, passionné d’architecture, j’aime beaucoup Bone Structure qui fait des merveilles, mais rien ne bat selon moi les matériaux nobles de DuChanvre, qui construit à l’ancienne et utilise des matières premières du Québec. Un dollar investit dans DuChanvre, c’est un dollar qui reste ici …

On est quand même chanceux. Le secteur bancaire est protégé, tout comme les compagnies de télécom … mais on voit qu’il y a aussi un coût à protéger des industries.

Le Panier bleu Avec cette pandémie, on constate deux choses. De un, notre chaîne logistique dépend beaucoup trop de la Chine. De deux, avec nos sorties de fonds pour notre consommation, on n’est pas en mesure de bâtir un fonds d’urgence pour parer aux chocs économiques.

« Le panier bleu » est une très bonne initiative pour limiter ces sorties de fonds. Avec les récentes pertes d’emplois, espérons que cette initiative encouragera les Québécois à revoir leurs habitudes de consommation et acheter local. Pour le panier bleu, il faut juste améliorer l’expérience client (de beaucoup 😁 ) et offrir un service de livraison efficace … c’est la livraison qui est le cœur du modèle d’affaire d’Amazon et qui fait son succès.

Le Québec a bon an mal an un déficit commercial de $30 milliards. Les économistes ne s’entendent pas à savoir si un déficit commercial est néfaste ou non mais, dans mon livre à moi, mieux vaut encourager l’économie et les emplois d’ici.

Un fonds d’urgence… pour tous ! Ce qu’on fait au point de vue individuel -le micro- peut aussi se faire au niveau macro. Mais comme les gens en général gèrent très mal leur propre budget, on peut vite comprendre que les gouvernements ne font guère mieux…

La crise que nous vivons présentement nous démontre à quel point trop de gens vivent au jour le jour et que nos dépenses mensuelles, et discrétionnaires, sont souvent trop élevées (encore une fois, merci à la voiture…). On est un peu comme les gouvernements qui cumulent les déficits alors que l’économie est supposée bien aller. Ou un peu comme ces sociétés qui viennent de payer des bonis de performance aux CEO grâce à des programmes de rachats d’actions et qui demandent aujourd’hui des milliards en bailout.

Ce n’est pas le temps de frapper sur quelqu’un qui est déjà par terre, mais nous devrons adresser nos habitudes de consommation après la crise, tant au niveau micro que macro. La crise serait plus facile à traverser si la plupart avait une réserve pour se mettre en « pause » pour 2-3 mois sans crainte, incluant nos compagnies et nos gouvernements !

L’environnement Je vous l’ai déjà dit, je suis assez cynique par rapport à l’environnement (Les millionnaires sont écolos !). Mais force est de constater que cette pause pandémique fait du bien à notre planète. Et ce, en seulement 3 semaines !

C’est drôle mais les gens pensent que faire un petit effort ne changera pas grand chose car ils ne sont qu’une goutte d’eau dans un océan de pollueurs. Et bien ça aussi c’est au niveau micro. Au point de vue macro, preuve à l’appui, si tout le monde fait un petit effort, comme ne pas prendre sa voiture ou consommer selon ses besoins, alors moins d’un mois suffit à redonner un souffle de jeunesse à cette belle planète bleue.

Par exemple, début mars, l’eau des canaux de Venise est redevenue claire et transparente. Même si les nouvelles des cygnes et des dauphins étaient fausses (les cygnes y étaient déjà…), et pour avoir passé quelque temps dans cette ville unique, je peux vous garantir que voir des poissons dans ces eaux habituellement plus que troubles doit être tout un spectacle !

Aussi, la concentration de dioxyde d’azote, ce gaz brun asphyxiant, a baissé à des niveaux records dans de nombreuses villes du monde. Je suis sidéré par cette photo « avant-après » de New Delhi, en Inde.

Le plus drôle, c’est que ça me rappelle les Jeux Olympiques en Chine, alors que j’habitais Hong Kong. Ils avaient fermé des usines dans le sud de la Chine quelques semaines avant les Jeux pour faire baisser le niveau de pollution. Et bien pour la première fois, à partir du centre-ville de Hong Kong, on pouvait voir des montagnes en Chine juste derrière les frontières. Mes collègues Hongkongais n’avaient jamais vu ces montagnes et restaient collés à la fenêtre à les regarder. Enfin, même les sismologues ont noté que la planète tremble moins ! Ils ont noté une baisse du niveau de bruit qui survient habituellement seulement durant les fêtes, et peuvent mieux suivre les activités volcaniques.

Il ne faut plus jamais dire que notre petit geste n’a pas d’impact… si tout le monde se dit ça, effectivement rien ne va se passer. Si tout le monde y met du sien sans se poser de question, par habitude ou par devoir citoyen, on va voir des miracles !

Serrons-nous les coudes Comme pour la pollution, on pense peut-être que faire un petit geste pour le commerce local ne changera pas grand chose. Qu’on est qu’une petite goutte d’eau dans un océan de consommation …

… on ne peut forcer personne, contrairement à la Covid-19 qui nous force à rester assis sur notre sofa à regarder la télé, mais imaginez si on se dit tous en même temps « aller, je fais ma part. Je vais payer un peu plus cher pour acheter quelque chose de qualité fait ici ». Et bien on va voir des miracles … économiques ! Si l’achat local peut avoir le même effet sur notre économie que le coronavirus en a sur l’environnement, alors serrons-nous les coudes, ça va bien aller !

P.S. Comme pour la plupart d’entre vous, des proches ont été contaminés par le virus. Je veux offrir mes vœux de prompt rétablissement à ceux directement affectés, et une pensée pour les autres à qui je souhaite de bien traverser cette épreuve. J’aimerais vous offrir santé et prospérité mais je l’ai fait en janvier. Je révise d’ailleurs les cartes de tous ceux qui m’ont souhaité bonne année il y a quelques mois. Je vous reviens là-dessus d’ailleurs car jusqu’à maintenant …

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